La Société Générale est freinée par une marge d’intérêt dégradée au troisième trimestre
La Société Générale a annoncé vendredi une forte baisse de ses résultats au troisième trimestre sous l’effet de dépréciations d’actifs et d’une baisse des revenus de sa banque de détail en France.
Le résultat net a été divisé par cinq au trimestre écoulé, à 295 millions d’euros, sous l’effet de 610 millions d’euros de dépréciations déjà annoncées, notamment sur les activités du groupe en Afrique et sur ses crédits d’impôts. Ces charges comptables seront sans effet sur le dividende de l’exercice, a précisé la banque.
Le produit net bancaire (PNB), l’équivalent du chiffre d’affaires, a reculé de 6,2% sur la période, à 6,19 milliards d’euros.
Selon le consensus des analystes fourni par la Société Générale, le résultat net était attendu en moyenne à 168 millions d’euros et le PNB à 6,3 milliards d’euros.
L’action Société Générale progressait de 0,6% à 21,74 euros à 10h20.
A lire aussi : Après les années Oudéa, Slawomir Krupa met la Société Générale au régime sec
La banque de détail à la peine
La division de banque de détail en France, qui comprend également l’assurance et la banque privée, a subi une forte baisse de revenus, avec un PNB en repli de 16% par rapport au troisième trimestre 2022, à 1,88 milliard d’euros. Rare point positif du trimestre, BoursoBank (Boursorama) a gagné 412.000 nouveaux clients et signe la meilleure performance commerciale trimestrielle de son histoire.
Les banques françaises tardent à bénéficier de la hausse des taux d’intérêt, sous l’effet du stock de crédits à taux fixes octroyés avant 2022 mais aussi pour des raisons réglementaires (taux d’usure). La fin du programme TLTRO de la Banque centrale européenne (BCE) les prive également de financements à bas coûts, alors que l’augmentation de la rémunération des livrets réglementés comme le Livret A pèse sur la marge nette d’intérêt.
Dans le cas de la Société Générale, ce dernier indicateur a chuté de 27% au trimestre écoulé, alors que les instruments de couverture pris par la banque pour se protéger en cas de baisse des taux l’ont privée de l’effet positif des relèvements de la BCE. Ces couvertures de taux devraient continuer à peser sur la marge jusqu’à la fin de l’année, avant une normalisation prévue au premier semestre 2024.
Les encours de crédit s’inscrivent par ailleurs en repli de 4%, la banque ayant décidé de limiter ses octrois de prêts en raison de leur faible rentabilité.
Sur l’ensemble de 2023, la Société Générale vise désormais une baisse de plus de 20% de la marge nette d’intérêt dans la banque de détail en France, au lieu d’une précédente prévision comprise entre -15% et -20%. L’année prochaine, cet indicateur devrait toutefois retrouver ou dépasser son niveau de 2022.
A lire aussi : BNP Paribas pâtit des difficultés de la banque de détail en France
La BFI résiste
Deuxième pilier du groupe, la banque de détail à l’international et les métiers spécialisés affichent une croissance de 12%, à 2,23 milliards d’euros, après le rachat de LeasePlan par ALD, filiale spécialisée dans la location automobile de longue durée. L’activité se replie toutefois de 0,8% à périmètre et changes constants.
La banque de financement et d’investissement du groupe signe de son côté un trimestre solide. Ses revenus s’inscrivent en baisse de 0,4%, à 2,31 milliards d’euros, mais doivent se comparer aux performances élevées de l’été 2022. Les activités de marché essuient ainsi une décroissance de 2,4% par rapport à un troisième trimestre record en 2022. La banque de financement et de conseil aux entreprises signe en revanche un nouveau record, avec des revenus en hausse de 2,1%.
Sur l’ensemble de l’année, la Société Générale a indiqué que son coût du risque devrait finalement être inférieur à 20 points de base au niveau du groupe, contre un précédent objectif de moins de 30 points de base. Au troisième trimestre, cet indicateur intégrant les provisions pour créances douteuses s’établit à 21 points de base du total des encours.
En termes de fonds propres, le ratio CET1 s’établit à 13,3%, contre 13,1% fin juin, après un gain comptable lié aux règles IFRS.
Plus d'articles du même thème
-
Revolut franchit une étape supplémentaire pour sa licence bancaire américaine
La fintech a obtenu une autorisation conditionnelle du bureau du contrôleur de la monnaie des Etats-Unis. Elle devra cependant obtenir encore plusieurs autorisations pour pouvoir lancer sa banque aux Etats-Unis en 2027. -
Le Lloyd’s reste solide et maintient ses perspectives 2026
Le syndicat du Lloyd’s de Londres, marché spécialisé de l’assurance et de la réassurance, continue d’afficher une bonne performance financière. Toutefois, l’environnement tarifaire plus concurrentiel et la gestion désormais simultanée de plusieurs menaces géopolitiques, cyber ou réglementaires changent les règles du jeu. -
Broadcom confirme l'engouement pour ses puces IA sans vraiment convaincre
Le fabricant de puces pour l'intelligence artificielle a relevé ses perspectives pour 2027 et 2028 mais ses prévisions pour les prochains mois ont déçu les investisseurs.
ETF à la Une
Les ETF mondiaux continuent de faire le plein, l’or et le bitcoin accélèrent en août
- Generali France rejoint le club des assurbanques
- Swift accorde un répit aux banques sur les adresses structurées
- Le pétrole bondit de plus de 3% après l’attaque américaine contre l’île de Larak
- John Ternus relève le défi de s’imposer à la tête d’Apple
- Le président de la Fed penche pour une hausse de taux dès septembre
Contenu de nos partenaires
-
IA : avec son nouveau modèle Astra, OpenAI assure le spectacle
L'entreprise de Sam Altman a dévoilé hier soir son nouveau modèle d'IA. La bataille à distance contre Anthropic pour dominer l'intelligence artificielle continue de plus belle -
Royaume-Uni : à Birmingham, le duo Farage-Bardella a rejoué la carte de l’Entente cordiale
Le chef du Rassemblement national était l’invité d’honneur de Nigel Farage à la conférence de rentrée de Reform UK. Sur la scène principale, ils ont signé un protocole d’accord autorisant le renvoi en France des migrants en situation irrégulière interceptés dans la Manche -
Entre l'Espagne et le Maroc, l'apaisement tourne au piège politique pour Pedro Sanchez
Après la crise migratoire à Ceuta, le Premier ministre espagnol rejette toute responsabilité du Maroc. Mais la stratégie pourrait lui coûter très cher, alors qu'il est accusé de manquer de fermeté jusqu'au sein de son gouvernement