Deux banques françaises résistent en Bourse après la baisse des taux souverains
Les annonces de la Banque centrale européenne ne sont pas du goût de tout le monde. Alors que le discours plutôt accommodant de l’institution de Francfort a fait chuter les rendements des obligations souveraines européennes et bondir les marchés actions jeudi après-midi, les titres de plusieurs banques ont fait le chemin inverse. Mais pas toutes.
Après avoir particulièrement profité de la hausse des taux l’an dernier, les banques irlandaises ont ainsi brusquement basculé dans le rouge vers 15h. En clôture, AIB baissait de 3,5% et Bank of Ireland de 2,3% après avoir perdu jusqu’à 5% en séance. A la fête en 2022, les banques espagnoles Caixabank et Bankinter tombaient de 1,6% et 1,2% respectivement alors qu’elles étaient dans le vert en début d’après-midi.
En Allemagne, Deutsche Bank a amplifié ses pertes de la matinée liées à la publication de ses comptes annuels pour clôturer en recul de 6,5%. Commerzbank, qui a bondi de 30% l’an dernier, a perdu 4,4%. Les italiennes Unicredit et Intesa Sanpaolo ont peu réagi après avoir légèrement reculé en 2022 alors que Banco BPM, à l’honneur l’année dernière, a abandonné 1,7%.
Le Crédit Agricole et la Société Générale surnagent
En France, le bilan est plus contrasté. Le Crédit Agricole et la Société Générale, qui n’ont pas franchement profité de la hausse des taux d’intérêt l’an dernier, perdant plus de 20% en Bourse sur la période, ont terminé la séance dans le vert à respectivement +1% et +0,5%. A l’inverse, BNP Paribas a perdu 2,5%. La plus grande banque française avait mieux résisté en 2022 avec un repli limité à 12%. Elle est aussi moins exposée au surcoût lié à la hausse de la rémunération du Livret A que le Crédit Agricole et la Société Générale.
En dehors du secteur bancaire, les valeurs technologiques ont particulièrement profité de la détente sur le front des taux d’intérêt. Dassault Systèmes, déjà porté par de bons résultats annuels, a accéléré sa hausse pour terminer dans le vert de +13,7%. Ubisoft a gagné 9%, Atos 8% et Capgemini 6,5%. De son côté, le CAC 40 a grimpé de 1,26% en profitant pour toucher un nouveau plus-haut depuis janvier 2022.
Plus d'articles du même thème
-
Les marchés actions semblent insensibles à la hausse des taux
Les taux longs poursuivent leur ascension, atteignant des seuils psychologiques inédits depuis plusieurs décennies. Pourtant, les actions, qui sont généralement sensibles à ces mouvements, restent proches de leurs plus hauts, à quelques exceptions près. La croissance prime sur le reste. -
Les «covered bonds» deviennent la valeur refuge en France
Alors que le taux des OAT françaises à 10 ans a atteint 4,50%, le rendement des obligations sécurisées émises par les banques françaises est nettement inférieur depuis juin. L'écart atteint près de 30 points de base désormais, soit le plus marqué jamais enregistré. -
La multibancarisation adoucit l’attrition chez les banques traditionnelles
A l'heure où un tiers des clients bancaires ont désormais des comptes courants dans plusieurs établissements, le changement de banque principale est plus progressif et subtil que par le passé. De 2025 à 2026, la domiciliation des revenus auprès d'une banque digitale a bondi de 5,5 points à 15%.
ETF à la Une
La majorité des investisseurs professionnels sont prêts à basculer leurs encours vers des ETF actifs
Contenu de nos partenaires
-
« Un mauvais coup du Premier ministre » : où est passé le projet de loi sur les polices municipales ?
Le texte visant à élargir les pouvoirs des policiers municipaux patiente avant son inscription à l’Assemblée nationale. Le gouvernement reste muet malgré l’impatience du Sénat et des élus locaux. -
PromptitudeIA : l’Europe joue sa survie
Le retard européen est d’autant plus alarmant que l’intelligence artificielle est aussi stratégique – et potentiellement dévastatrice – que l’arme atomique hier -
Changement d'èreDéfense : le gouvernement vise 100 000 recrutements d'ici 2030, sur fond de déclin de l'automobile
L’exécutif souhaite développer le taux d’emploi dans la défense, porté par la nouvelle donne géopolitique. Énième reflet des mutations du tissu industriel tricolore, sur fond de déclin de l'industrie automobile