Le pétrole repart à la hausse après le courroux de Donald Trump
C’est reparti pour un tour. Alors que la semaine précédente s’était terminée sur de sérieux espoirs de sortie de crise au Moyen-Orient, le président américain a quelque peu douché les espoirs. Donald Trump a jugé que la réponse apportée par des représentants iraniens à la proposition des Etats-Unis quelques jours plus tôt était «totalement inacceptable». Peu avant, il s’était livré à une nouvelle attaque contre l’Iran, et ses prédécesseurs à la Maison Blanche, jugeant sur son réseau Truth Social que «pendant 47 ans, les Iraniens nous ont ‘menés en bateau’, nous faisant attendre, tuant notre peuple avec leurs bombes artisanales, réprimant les manifestations, et ont récemment éliminé 42.000 manifestants innocents et non armés, tout en se moquant de notre pays, désormais ‘GREAT AGAIN’. Ils ne riront plus longtemps !».
En réaction, le cours du pétrole Brent rebondissait sensiblement lundi. En début d’après-midi, il prenait environ 3%, à plus de 103 dollars, après être tombé à 96 dollars le 7 mai dernier.
Réactions mesurées
Cette hausse pénalisait modérément les marchés financiers. Peu avant 17h00, l’Euro Stoxx 50 reculait de 0,5%, le CAC 40 de 1% et le Dax perdait 0,3%. A Wall Street, le S&P500 gagnait 0,1%. En Asie, les indices chinois ont gagné un peu plus de 1%, le Nikkei japonais a perdu 0,5% et le Kospi coréen, tiré par les semiconducteurs, a poursuivi son envolée avec un gain de plus de 4%.
Sur le marché des taux, les rendements souverains à dix ans des Etats-Unis, de l’Allemagne et de la France avançaient de 3 à 4 points de base.
Les investisseurs continuent visiblement à miser sur une sortie de crise à un horizon relativement proche. «L’absence de toute activité cinétique significative pendant plus d’un mois me suggère une nette préférence des Etats-Unis pour la conclusion d’un accord», analyse ainsi Jim Reid, stratégiste à la Deutsche Bank, tout en reconnaissant que l’incertitude sur «l’identité du détenteur de l’autorité de négociation en Iran pourrait compliquer les progrès et retarder les échéances». Le spécialiste relève tout de même que Polymarket attribue une chance de 50% pour que le détroit d’Ormuz soit totalement rouvert d’ici le 30 juin. En attendant, les marchés demeureront «sur le fil du rasoir», prévient Jim Reid.
La situation pourrait par ailleurs évoluer en fin de semaine lors d’une rencontre prévue entre le président américain et son homologue chinois. «Il sera intéressant de voir si ce sommet influencera d’une manière ou d’une autre les négociations sur la guerre» alors que «les deux dirigeants souhaitent manifestement faire la démonstration de leur influence sur la scène internationale», note le stratégiste de Deutsche Bank.
A lire aussi : La croissance économique semble moins sensible à l’or noir
Plus d'articles du même thème
-
Les investisseurs se délestent des petites valeurs françaises
La Bourse de Paris est la lanterne rouge des marchés européens avec une sous-performance encore plus marquée des petites et moyennes capitalisations, plus sensibles au risque domestique. Les investisseurs arbitrent en faveur des autres marchés en Europe. -
L’OCDE se montre un peu plus optimiste pour la croissance en 2026
Dans ses prévisions intermédiaires, l’organisme revoit la croissance mondiale à la hausse, soulignant la résilience inattendue des économies, mais abaisse légèrement les perspectives pour 2027. -
Contentieux boursier 2025-2026 : une saison particulièrement fournie (1/2)
Henri-Louis Delsol, avocat associé et Dafna Davidova, avocat chez Delsol avocats, examinent dans cette tribune en deux parties les contentieux boursiers de 2025 et 2026. Avec ce premier volet, ils analysent dans le détail trois des cinq affaires emblématiques de cette période.
ETF à la Une
Le marché européen des ETF a d’ores et déjà collecté plus qu’en 2025
- La Société Générale aura du mal à contenter tout le monde avec son nouveau plan
- Le plan stratégique de la Société Générale fait la part belle à la réduction des coûts et à la croissance
- Le patron de BoursoBank prend du galon chez la Société Générale
- La Société Générale fait de BoursoBank sa figure de proue
- Emporté par le digital, Wakam fait une sortie de route
Contenu de nos partenaires
-
Nouvelle starDonald Trump et le mythe du faucon anti-Chine
Donald Trump reçoit cette semaine Xi Jinping avec un faste inédit qui en dit long sur le vrai visage du président américain face à la Chine : un pragmatique cherchant à stabiliser la relation, faute d'avoir les moyens de la contrôler -
Face à faceRachida Dati à son procès : « Je ne suis pas une ingénieure, mais pas une dilettante »
L'ancienne ministre s'est affrontée avec le procureur du PNF qui soutient qu'elle a fait du lobbying pour Renault-Nissan au Parlement européen -
Le péril jeuneEmploi des jeunes : les réformes inachevées
Malgré les réformes de l'apprentissage et des lycées pro, le chômage des jeunes repart à la hausse, le nombre de décrocheurs aussi. Economistes et partenaires sociaux tirent la sonnette d'alarme, les candidats pour 2027 restent absents