Les actions s’envolent et le pétrole chute sur des espoirs de fin de conflit au Moyen-Orient
La volte-face de Donald Trump avait commencé à rassurer les marchés et des déclarations iraniennes ont achevé de les convaincre.
Mercredi en fin de matinée, les Bourses européennes s’envolaient tandis que les taux souverains se repliaient en réaction à une forte baisse du prix du pétrole.
A peine deux jours après avoir annoncé son intention de libérer le détroit d’Ormuz par la force, le président américain a indiqué sur son réseau Truth Social, dans la nuit de mardi à mercredi, qu’il suspendait ce projet en raison de «l’immense succès militaire que nous avons remporté au cours de la campagne contre l’Iran et, en outre, du fait que des grands progrès ont été accomplis vers un accord complet et définitif avec les représentants de l’Iran».
Fort rebond des marchés
En réaction, le cours du pétrole a perdu plus de 2% dans la matinée et les marchés actions ont ouvert en hausse en Europe. L’effet s’est en outre accéléré peu avant 11h, après que l’Iran a indiqué qu’il accepterait un accord de paix à condition qu’il soit «juste» et que le média Axios a révélé que, selon quatre sources dont deux officiels américains, Washington et Téhéran seraient sur le point de conclure un mémorandum d’une page pour mettre fin à la guerre. Une information qui a ensuite été confirmée par une source pakistanaise à Reuters avant qu’un responsable iranien ne temporise en indiquant que le mémorandum en question correspondait plus à une «liste de voeux» des Etats-Unis qu'à la réalité.
En fin de journée, le cours du baril de Brent n’en perdait pas moins 6,5%, à moins de 104 dollars, après être tombé temporairement sous 97 dollars. En Europe, les Bourses ont renforcé leurs gains. L’Euro Stoxx 50 bondissait de 2,4%, le CAC 40 grimpait de 3% et le Dax gagnait 2%. A Wall Street, le S&P 500 avançait de 0,8%.
Sur le marché des taux, le rendement de l’obligation souveraine américaine à dix ans perdait 6 points de base (pb), à 4,36%. Le taux français à même échéance chutait de 11 pb, à 3,61% et le taux allemand reculait de 8 pb, à 2,99%.
Des signes encourageants
Alors que la perspective de voir Américains et Iraniens réussir à s’entendre gagne en crédibilité, Rystad Energy avertit malgré tout que les conséquences d’un éventuel accord «sur les marchés physiques du pétrole seront plus lentes et plus conditionnelles que ce que les cours à terme intègrent actuellement». «Même dans l’hypothèse d’un scénario optimiste prévoyant une réouverture progressive du détroit d’Ormuz sur 30 jours, une reprise significative des volumes n’interviendrait au plus tôt qu’en juin, l’arrivée des cargaisons dans les ports de traitement accusant un retard supplémentaire de quatre à six semaines par la suite», prévient ainsi Paola Rodriguez-Masiu, analyste en chef pétrole au sein du cabinet d'études.
Dans ces conditions, les spécialistes de Rystad Energy anticipent qu’un retour à des flux à 80-90% de leurs niveaux d’avant-guerre ne se réalisera pas avant juillet. Ils notent toutefois que «plusieurs signaux distinguent la situation actuelle des épisodes précédents où des propositions américaines avaient été évoquées sans se concrétiser». Rystad Energy rapporte notamment un changement de posture de la part de la Chine qui a appelé à un cessez-le-feu et à une réouverture «dès que possible» du détroit d’Ormuz alors que «l’influence de Pékin sur les revenus pétroliers iraniens lui confère des leviers que Washington ne possède pas».
Les spécialistes remarquent par ailleurs que les Etats-Unis ont accepté «une concession opérationnelle concrète» en suspendant leur projet visant à escorter les navires commerciaux dans le détroit.
Enfin, «contrairement à toutes les étapes précédentes où des propositions américaines circulaient, le corps des Gardiens de la révolution islamique n’a fait aucun commentaire». Selon Rystad, ce silence pourrait signifier «que la proposition est examinée à un niveau qui impose la prudence avant toute réponse publique».
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