Le pétrole retombe vers 90 dollars grâce à une trêve au Moyen-Orient
Les Etats-Unis ont arrêté leurs frappes sur l’Iran pour laisser sa chance à la diplomatie. Le cours du Brent s’éloigne des 100 dollars touchés la semaine dernière mais il demeure très volatil.
Le prix du pétrole est brièvement tombé sous 90 dollars le 27 juillet
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Nouveau changement de tendance sur les marchés pétroliers. Lundi midi, le cours de l’or noir dégringolait de 8% après que les États-Unis et l’Iran ont interrompu leurs frappes durant le week-end après deux semaines d’attaques, suscitant l’espoir d’une solution diplomatique qui amorcerait une désescalade du conflit et permettrait la reprise du trafic maritime dans le détroit d’Ormuz.
Vers 16h30, le Brent valait 90 dollars, après être tombé jusqu'à 87,6 dollars, et le WTI américain chutait de 8%, à 83,6 dollars.
Le Brent avait atteint 100 dollars le baril la semaine dernière alors que le conflit, qui a réduit les livraisons de pétrole via le détroit d’Ormuz, s’est étendu à la mer Rouge, perturbant les exportations du premier exportateur mondial, l’Arabie saoudite, vers l’Asie via le détroit de Bab-el-Mandeb.
L’ambassadeur des États-Unis auprès des Nations unies, Mike Waltz, a déclaré à l'émission «Fox News Sunday» et à d’autres médias américains que le président Donald Trump avait décidé de suspendre les attaques américaines afin de donner plus de temps à la diplomatie.
«Les prix du pétrole ont fortement baissé en début de séance, les États-Unis et l’Iran s'étant abstenus de toute nouvelle action militaire, offrant ainsi les premiers signes tangibles d’une possible désescalade des tensions», ont indiqué les analystes d’ING dans une note adressée à leurs clients. «La dynamique des cours du pétrole ce matin traduit clairement la hâte du marché à voir émerger des nouvelles positives.»
Malgré la pause dans les attaques, moins de 10 navires marchands ont traversé le détroit d’Ormuz quotidiennement pendant le week-end, selon les données de trafic maritime de Kpler.
«Tout rebond des flux à travers le détroit d’Hormuz risque de s’avérer lent et partiel, car de nombreux armateurs restent prudents et exigeront une plus grande certitude quant à leur sécurité avant d’engager davantage de navires vides dans le détroit», a estimé Saul Kavonic, analyste chez MST Marquee.
De plus, le trafic maritime à travers le détroit de Bab-el-Mandeb a chuté dimanche après que les Houthis du Yémen ont attaqué des installations pétrolières saoudiennes le long de la côte de la mer Rouge.
Certains analystes s’attendent toujours à ce que les prix de l’or noir restent soutenus si l’approvisionnement en brut demeure affecté par les risques maritimes persistants au Moyen-Orient et par la guerre russo-ukrainienne.
«Alors que le conflit au Moyen-Orient s’est étendu à la mer Rouge et que des drones ukrainiens ont frappé des navires et des raffineries russes, des perturbations durables de l’offre maintiendraient vraisemblablement les prix du pétrole à un niveau élevé et continueraient de faire peser des risques à la hausse sur l’inflation mondiale», ont écrit les analystes de UOB dans une note.
L’Ukraine a déclaré avoir frappé plusieurs sites pétroliers russes au cours du week-end.
Les prix du gaz naturel sur le marché européen ont bondi à un plus haut depuis 2023, ravivant le spectre d’une nouvelle crise énergétique. Les stocks de cette source d’énergie toujours très importante pour l’Europe, car pilotable, sont au plus bas.
Les cours du brut ont enregistré une troisième journée de hausse alors que Donald Trump n’a pas prolongé l’accord intermédiaire signé en juin avec l’Iran qui est passé à une posture militaire défensive. Les risques de pénurie refont surface malgré la recherche de routes alternatives au détroit d’Ormuz.
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