Combien coûterait aux banques une hausse du plafond du Livret A
- La ministre Monique Barbut envisage de relever le plafond du Livret A de 22 950 à 30 000 euros.
- Cette mesure pourrait générer une collecte supplémentaire totale d’au moins 16,7 milliards d’euros.
- Le surcoût annuel net pour les banques serait limité à environ 80 millions d’euros sur leur part de collecte.
Rien n’est fait, mais voilà une mesure qui ne ferait pas les affaires des banques. Début septembre, la ministre de l’Ecologie, Monique Barbut, a annoncé une possible augmentation du plafond du Livret A pour financer la transition énergétique. Ce dernier passerait de 22.950 euros aujourd’hui à 30.000 euros, soit une hausse de 31%.
Les établissements bancaires assumant la rémunération de 40% de l’encours de ces livrets réglementés, l’impact d’une telle décision ne s’annonce pas favorable pour eux. L’impact devrait toutefois demeurer mesuré.
Dans une interview aux Echos, Monique Barbut a évoqué un montant de 10 milliards d’euros lié à cette mesure. En supposant que ce chiffre concerne uniquement les encours gérés par la Caisse des dépôts, la collecte supplémentaire totale induite par l’augmentation du plafond est visiblement attendue à au moins 16,7 milliards d’euros, et même sans doute plus car la Caisse ne consacre pas la totalité des fonds à des prêts à long terme.
La prévision semble en tout cas cohérente avec les précédents historiques. En 2012, le doublement du plafond du LDDS et la hausse de 25% de celui du Livret A avaient entraîné un afflux de 21 milliards d’euros sur le seul mois d’octobre, rappelle Philippe Crevel, directeur du Cercle de l’Epargne, dans une note. Si seuls 15% des livrets A sont actuellement au-delà du plafond – qui peut être dépassé grâce à la capitalisation des intérêts -, ils représentent 50% des encours totaux, soit plus de 220 milliards d’euros.
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Moins coûteux qu’une hausse de taux
En arrondissant le surplus de collecte potentiel à 20 milliards d’euros, la part revenant aux banques s’élèverait à environ 8 milliards d’euros (40% du total). Sur ce montant, elles verseront un taux d’intérêt de 1,7%, soit de l’ordre de 140 millions d’euros sur un an. Le coût net sera toutefois inférieur car les sommes transférées sur les livrets A ne proviendront pas à 100% des comptes courants (non rémunérés) des clients mais plutôt de comptes rémunérés tels que des livrets bancaires. En juillet dernier, ces derniers affichaient un taux moyen de 0,75% selon la Banque de France. Dans ce cas, le surcoût serait limité à 0,95 point de pourcentage, soit environ 80 millions d’euros sur une collecte de l’ordre de 8 milliards d’euros.
Une facture somme toute limitée et sans commune mesure avec ce que peuvent provoquer les évolutions de rémunération décrétées par le gouvernement. La seule hausse du taux de 1,5% à 1,7% décidée en juillet dernier représente ainsi un surcoût de plusieurs centaines de millions d’euros pour les banques. Et l’effet n’ira pas en s’amenuisant si l’encours global du Livret A continue à augmenter grâce à la hausse de son plafond de versement…
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