La vidéo du jour : Les marchés s’éveillent au risque de guerre commerciale
Les marchés financiers ouvrent enfin les yeux sur la réalité, toute la réalité, du programme politique de Donald Trump. Ils n’en avaient retenu jusqu’à présent que les points favorables à l’économie, en l’occurrence les baisses d’impôts. Voilà qu’ils s’éveillent à l’agenda protectionniste du président américain et au risque d’une guerre commerciale généralisée. L’annonce de droits de douane de 25% sur les importations d’acier aux Etats-Unis et de 10% sur celles d’aluminium a fait dévisser les Bourses mondiales et baisser le dollar.
L’Amérique avait pourtant tiré un premier coup de semonce fin janvier en taxant les panneaux solaires chinois et les lave-linge sud-coréens, sans grand effet sur les marchés. Cette fois, les nouvelles barrières tarifaires qui doivent être promulguées cette semaine vont beaucoup plus loin, même s’il est encore difficile d’en mesurer l’impact. Ironie de l’histoire, ce n’est pas la Chine qui en souffrira le plus, bien qu’on l’accuse de déstabiliser le marché mondial de l’acier en subventionnant massivement ses producteurs. Le pays ne représente en effet que 2% des importations américaines d’acier, bien loin derrière le Canada, le Brésil et la Corée du Sud. Si les Etats-Unis voulaient vraiment s’attaquer à leur déficit commercial avec la Chine, ils devraient cibler d’autres produits comme les téléphones mobiles, les ordinateurs ou encore les jouets. Pékin s’est d’ailleurs abstenu d’évoquer des représailles en réaction aux annonces du locataire de la Maison Blanche. Ce n’est pas le cas du Canada et de l’Union européenne, très remontés contre cette déclaration de guerre commerciale qui divise l’administration Trump. Il reste désormais à mesurer l’intensité de la riposte des partenaires des Etats-Unis, à un moment où l’Organisation mondiale du commerce paraît bien affaiblie.
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