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Europe : Tracer sa propre voie

BNP Paribas Asset Management
L’Union européenne a décidé qu’elle devait tracer sa propre voie, plus indépendante des États-Unis, tout en recherchant de nouveaux alliés.
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Le nombre de défis auxquels l’Europe est confrontée ne semble cesser de croître. Le conflit au Moyen-Orient souligne la dépendance chronique de l’Europe aux importations de combustibles fossiles en provenance de cette région, à l’heure où ses efforts pour développer l’utilisation des énergies renouvelables semblent ralentir.

Ses relations commerciales avec les États-Unis sont, au mieux, tièdes, tandis que la Chine compense son accès restreint au marché américain en augmentant ses exportations vers l’Europe.

L’Union européenne a décidé qu’elle devait tracer sa propre voie, plus indépendante des États-Unis, tout en recherchant de nouveaux alliés. Le Canada semble partant. Et la région consacre des sommes considérables à ces efforts.

Une nouvelle ère d’investissement

D’après nos estimations, il est prévu qu’au cours des dix prochaines années, plus de 1 500 milliards d’euros – soit environ 10 % du PIB de la zone euro – soient consacrés à des investissements dans le secteur de la défense, les infrastructures (notamment en Allemagne), les énergies renouvelables, le remplacement des importations énergétiques russes, l’amélioration de l’accès aux matières premières et la fabrication de semi-conducteurs.

Compte tenu de la diversité des initiatives et de la multitude de sources de financement et d’organismes chargés de leur distribution, l’impact variera selon les secteurs et les pays. Cela créera des opportunités potentielles pour les investisseurs capables de cibler les entreprises les mieux placées pour tirer parti de cette nouvelle manne.

Dans le domaine de la défense, l’Europe laisse derrière elle une longue période de sous-investissement pour s’engager dans une vague de dépenses sans précédent. Les dépenses de défense des 27 États membres de l’UE ont en effet atteint 418 milliards d’euros en 2025 et devraient s’élever à 454 milliards d’euros en 2026.[1]

Cette évolution crée des opportunités d’investissement à long terme dans le secteur de la défense et, plus largement, dans ses chaînes d’approvisionnement liées à l’industrie manufacturière de pointe ; certaines analyses suggèrent en effet que le marché des entreprises européennes de défense pourrait connaître une croissance annuelle de 29 % d’ici 2030.[2]

Un renforcement de sa souveraineté

Parallèlement, l’Europe redéfinit son architecture énergétique afin de faire de la sécurité énergétique, qui était jusqu’alors une préoccupation liée à la chaîne d’approvisionnement, une pierre angulaire de la souveraineté géopolitique.

En investissant massivement dans les énergies renouvelables, la modernisation du réseau électrique et la chaîne d’approvisionnement des batteries pour véhicules électriques, l’UE cherche à réduire les coûts d’importation des combustibles fossiles d’environ 260 milliards d’euros par an et à favoriser une renaissance industrielle locale.[3]

Les infrastructures et technologies numériques constituent le troisième pilier de cette stratégie d’autonomie. Consciente de l’écart entre son écosystème et ceux des États-Unis et de la Chine, l’Europe déploie des initiatives ciblées, à l’image du train de mesures européen sur la souveraineté technologique et du règlement sur les semi-conducteurs 2.0, afin de renforcer son industrie des semi-conducteurs.

Ces programmes créent un potentiel d’opportunités d’investissement aussi bien pour les investisseurs en actions dans des entreprises issues de secteurs en forte croissance que pour les investisseurs obligataires, pour lesquels cette transition offre également des opportunités significatives.

Une grande partie du financement de ces initiatives sera probablement assurée par des émissions obligataires émanant d’agences gouvernementales, d’entités supranationales et d’émetteurs privés. Des secteurs tels que les infrastructures, les énergies vertes et l’industrie de défense devraient bénéficier de flux de trésorerie stables et réglementés, ainsi que de contrats gouvernementaux à long terme, ce qui pourrait renforcer la solvabilité de ces émetteurs.

La quête d’autonomie stratégique de l’Europe crée un cadre global et stable à long terme propice à la croissance, permettant à la région d’être plus compétitive et plus résiliente à l’échelle mondiale.

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[1] Dépenses de défense de l’UE : 418 milliards d’euros en 2025, avec une prévision de 454 milliards d’euros en 2026
[2] European strategic autonomy : A long-term investment opportunity - BNP Paribas Asset Management - Communication corporate en anglais
[3] Électrification - Commission européenne

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