La vidéo du jour : Les grandes manœuvres reprennent autour de Generali
Le capitalisme européen possède des tours de contrôle dont le sort intéresse tous les financiers du continent. Les rumeurs touchant l’assureur italien Generali les ont mis en état d’alerte. L’agitation résulte de l’intention prêtée à la banque italienne Intesa San Paolo de lancer une OPA en titres sur l’assureur. Cette allégation non confirmée a valu au cours de Generali de gagner plus de 10% en deux jours. Elle a déclenché une réaction de défense de l’assureur, qui a pris 3% de son agresseur présumé. Selon la loi, celui-ci ne pourra en retour dépasser 3% du capital de l’assureur sans lancer sur lui une OPA.
Ce n’est pas la première fois que le sort de Generali défraie la chronique, avec ses rivaux français Axa et allemand Allianz dans le rôle de prédateurs désignés. C’est encore le cas cette fois-ci. A priori un changement de contrôle paraît difficile. Acheteur majeur de dette publique nationale, Generali ne peut laisser Rome indifférent d’autant que la finance italienne amorce sa restructuration. De surcroît, même si l’assureur paraît décoté, Intesa doit-elle se lester d’actifs qui pourraient la rendre systémique au sens de la réglementation bancaire et lui coûter beaucoup en fonds propres ?
Mais la fragilité du pouvoir italien, et la volonté du grand actionnaire de Generali, la banque Mediobanca, de s’y alléger peut donner l’occasion de le dépecer avec profit. Dans ce cas, Intesa, Axa et Allianz seraient bien sûr intéressés par une éventuelle curée. Laquelle supposerait l’aval des deux grands actionnaires de Mediobanca : la banque UniCredit attachée à l’italianité de Generali, et l’inévitable Bolloré qui considérerait le sujet à l’aune de ses nombreux autres intérêts en jeu en Italie.
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