Les assureurs défendent mordicus la fiscalité de l’assurance vie
A l’approche de l’élection présidentielle, la FFA martèle sa position contre une diminution de l’avantage fiscal du produit d'épargne.
Publié le
Jade Grandin de l’Eprevier
Bernard Spitz, président de la Fédération française de l’assurance.
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crédit FFA.
La Fédération française de l’assurance (FFA) enfonce le clou. En réaction aux propositions des candidats à l’élection présidentielle sur d’éventuelles évolutions de la fiscalité de l’assurance vie, elle a publié hier les résultats d’un sondage réalisé en février par l’institut Ipsos auprès d’un échantillon représentatif de la population française. Un alourdissement de la fiscalité détournerait de l’assurance vie 66% des détenteurs de contrats, selon l’étude.
La FFA avait déjà souligné début mars la réprobation des épargnants face à la réforme de «flat tax» proposée par Emmanuel Macron. La publication du sondage lui permet d’insister : «près de 9 épargnants de long terme sur 10 sont hostiles à l’abandon du lien entre la durée du contrat et sa fiscalité».
«Le grand gagnant de quelque chose qui serait dommageable à l’assurance vie serait tout ce qui est très liquide (Livret A, compte courant, Livret de développement durable…) et l’immobilier, c’est-à-dire tout ce qui est à l’antithèse du financement de l’économie», a renchéri en conférence de presse Stéphane Dedeyan, président de la commission des assurances de personnes de la FFA et directeur général délégué de Generali France.
« Aucun électorat ne souhaite qu’il y ait une taxation de l’assurance vie», a commenté Brice Teinturier, directeur général délégué d’Ipsos. «En période électorale, les fausses bonnes idées éclosent», s’est amusé Bernard Spitz, président de la FFA. Et de sourire : «Il y a un alignement entre le regard des Français et des assureurs.»
Outre la fiscalité, la question du fléchage de l’épargne, par exemple vers les entreprises françaises, inquiète la profession. «Non seulement les Français y sont hostiles, mais c’est illégal !» s’est exclamé Bernard Spitz. Selon l’étude Ipsos, «si la loi imposait un fléchage d’une partie de l’épargne investie en assurance vie vers certains actifs risqués comme les petites ou moyennes entreprises», 28% des détenteurs d’assurance vie épargneraient moins sur leur contrat, 28% retireraient des fonds, 6% épargneraient davantage et 38% ne changeraient rien.
Se défendant de prôner le statu quo, la FFA demande une évolution progressive et non contrainte. Ainsi, plutôt que de faire passer de 8 à 10 ou 12 ans la durée de détention d’un contrat d’assurance vie donnant un avantage fiscal maximal, elle suggère d’ajouter un avantage supplémentaire à partir de 12 ans.
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