La décision sans précédent du président Donald Trump de vouloir destituer la gouverneure Lisa Cook accroît les craintes de voir la banque centrale baisser ses taux courts pour des raisons politiques au détriment de l’inflation future. Mais les analystes conseillent aussi de parier contre le billet vert, et même contre les taux longs.
Théoriquement orienté sur le thème du marché du travail, le Symposium 2025 organisé par la Fed à Kansas City a finalement surtout abordé les sujets de dominance fiscale et d’indépendance de banque centrale.
La lettre envoyée à Lisa Cook en vue de sa destitution pour falsification de documents a relancé le débat sur l’indépendance de la banque centrale. Le président des Etats-Unis y verrait une occasion d’obtenir quatre membres sur sept favorables à ses idées plus accommodantes au sein du Board de la Fed.
La nouvelle stratégie de long terme de la banque centrale américaine présentée par Jerome Powell le 22 août à Jackson Hole devrait être plus simple, et peut-être plus lisible ou prévisible. Elle pourrait aussi être un peu plus restrictive, davantage ciblée sur la stabilité des prix et un peu moins sur l’emploi.
Les Etats-Unis ont créé 73.000 nouveaux postes en juillet, alors que les économistes anticipaient un gain de 100.000. Les chiffres des mois de juin et mai ont en outre été fortement revus à la baisse. La pression s'accroît en faveur d'un assouplissement monétaire de la Fed dès septembre.
L’indice des prix préféré de la banque centrale américaine remonte encore un peu, lui donnant raison sur la pause dans l’assouplissement monétaire encore prolongée mercredi.
La Réserve fédérale a laissé ses taux inchangés mercredi, pour la cinquième réunion consécutive, mais deux membres dissidents ont voté en faveur d'une baisse.
Le Comité de politique monétaire ne devrait pas donner lieu à une décision de baisse de taux ce mercredi. Mais les dissensions en son sein le rendront particulier, voire potentiellement historique si deux membres du board de la Fed venaient à voter contre le maintien attendu des taux.
Les marchés pourraient mal réagir à l’idée d’un président dépendant de l’exécutif, d’autant plus s’il est nommé cet automne et s’exprime «à la place» de Jerome Powell avant même l’entrée en vigueur de son mandat. Mais encore plus à une éviction anticipée, encore évoquée mercredi.
Les chiffres annuels cachent un certain redémarrage de l’inflation hors logement et automobile en rythme mensuel. Cela pourrait illustrer un début de l’effet de la hausse des droits de douane, encore compensé par la désinflation sur certaines composantes.
Pour le responsable mondial de la recherche au sein de Natixis CIB, la place du billet vert sur les marchés de changes et dans les réserves mondiales est vouée à s’affaiblir, pour des raisons conjoncturelles et structurelles.
En temps de stress sur les marchés, la Fed inonde le monde de dollars. Ses contreparties s'inquiètent aujourd'hui du maintien de ce filet de sécurité essentiel à la stabilité financière si Donald Trump décidait d'empiéter sur l'indépendance de la banque centrale.
Les sociétés de gestion et les banques interrogées par L’Agefi ont fortement remonté leurs anticipations sur l’euro-dollar. Elles ont en revanche peu touché à leurs prévisions de taux au cours du mois de juin.
Le rapport sur l'emploi NFP de juin a été bien accueilli avec une forte remontée des taux courts au nom d’un marché du travail résilient. Mais au-delà des créations d’emplois dans le secteur public et l'éducation-santé, les chiffres ne sont pas bons.
Le pays a créé 147.000 postes le mois dernier et le chiffre de mai a été revu à la hausse. De quoi inciter la Fed à maintenir ses taux inchangés ce qui profite aux rendements souverains américains.
Invité au Forum des banquiers centraux de Sintra, le président de la Fed Jerome Powell a appelé à attendre de voir les effets des droits de douane avant de prendre des décisions, repoussant potentiellement un peu plus loin la première baisse de taux américains. Ses homologues des grandes banques centrales ont également mis en exergue la gestion des risques inhérente à leur fonction.
L'indice de base a augmenté de 2,7%, soit légèrement plus que ce qu'anticipaient les économistes. Les dépenses des ménages se sont repliées sur un mois.
Le conseil d’administration de la banque centrale américaine a voté mercredi, à cinq voix contre deux, sa proposition pour réduire l’exigence de levier «renforcée» (eSLR) spécifique aux banques systémiques. Elle serait ramenée de 5% à une fourchette de 3,5%-4,5%. L’idée ? Que cette exigence continue à servir de «filet de sécurité» en complément de l’exigence de fonds propres fondée sur les risques, sans être bloquante pour l’intermédiation du marché des bons du Trésor.