La faiblesse de l’emploi américain fait chuter les taux
L'économie américaine a continué de créer des emplois en juillet, mais le rythme des recrutements au cours des trois derniers mois a fortement faibli, selon les chiffres publiés vendredi par le département du Travail.
Le ministère a fait part de la création de 73.000 emplois au cours du mois écoulé, alors que les économistes sondés par le Wall Street Journal tablaient en moyenne sur 100.000 nouveaux postes.
Le ministère a en outre fortement révisé en baisse les créations de postes en mai et juin, à 19.000 et 14.000 respectivement. Le nombre total d’emplois créés pendant ces deux mois est ainsi inférieur de 258.000 à la dernière estimation, dans le cadre d’une révision qualifiée «de plus importante que la normale» par le ministère.
Le taux de chômage, issu d’une enquête séparée auprès des ménages, s’est inscrit à 4,2%, conformément aux attentes des économistes. Il est resté proche de son niveau moyen depuis plus d’un an.
En juillet, les créations de postes ont été soutenues dans le secteur de la santé (+55.000) mais ont très peu évolué dans la majorité des autres segments des services et dans l’industrie, selon le ministère. L’emploi dans les administrations fédérales a de son côté continué de diminuer (-12.000) et s’inscrit en repli de 84.000 depuis l’arrivée de Donald Trump à la Maison-Blanche au début de l’année, selon le ministère.
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Les taux chutent
En réaction à ces chiffres nettement moins solides que prévu, le rendement de l’obligation souveraine américaine à dix ans plongeait de plus de 15 points de base (pb), à 4,24%, vendredi peu après 16h, revenant à ses niveaux de début juillet. Le taux à deux ans perdait de son côté 20 pb. Wall Street a également ouvert en net repli. Le S&P 500 abandonnait 1,8% et le Nasdaq Composite plus de 2%. Les Bourses européennes ont pour leur part creusé leurs pertes. L’Euro Stoxx 50 plongeait de près de 3%, le CAC 40 chutait de 2,8% et le Dax de 2,7%.
Selon l’outil FedWatch de CME Group, la probabilité de voir la banque centrale américaine couper ses taux de 25 pb lors de sa réunion de septembre s'élève désormais à 81%. Elle n'était que de 38% jeudi 31 juillet, au lendemain du statu quo monétaire de la Réserve fédérale et de la conférence de presse de son président Jerome Powell. La probabilité qu’elle procède à au moins une baisse de taux au cours de ses deux prochaines réunions est désormais de 96%, contre 60% un jour plus tôt.
Un marché de travail plus fragile pourrait inciter la Fed à adopter une politique monétaire plus accommodante. Le plein emploi fait partie du double mandat de la banque centrale, au même titre que la cible annuelle d’une inflation à 2%.
Michelle Bowman et Christopher Waller, les deux membres dissidents du Comité de politique monétaire qui ont voté le 30 juillet en faveur d’une baisse de taux immédiate, ont d’ailleurs fait du risque de hausse du chômage leur argument. «Le marché du travail est devenu moins dynamique et montre des signes croissants de fragilité», a estimé Michelle Bowman dans une déclaration écrite, juste avant la publication des chiffres officiels de l’emploi vendredi.
Christopher Waller, lui, juge «trop prudente» l’approche défendue par Jerome Powell qui consiste à attendre de voir l’effet des tarifs douaniers sur l'économie américaine avant de bouger les taux. «Il est possible que le marché du travail faiblisse avant que nous n’obtenions toute la clarté» sur l’impact des droits de douane, «à supposer que nous l’obtenions un jour», a-t-il estimé.
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