«We do have job reductions in favor of the machines*», lançait il y a dix jours Bill Winters, président de Standard Chartered. Gifle verbale après trente-six mois de communication corporate des grands groupes promettant que l’IA libérerait les employés pour leur permettre de se concentrer sur des tâches plus créatives. Une fois évacuée l’anxiété produite par ce type de message, comment penser ce problème ? Dans mon portefeuille, il y a une position sur Kanzhun, la première plateforme de recrutement en Chine. Son fondateur, Peng Zhao, a donc en permanence le doigt sur le pouls du marché de l’emploi. Lors des (bons) résultats publiés la semaine dernière, ce visionnaire – Kanzhun est une des rares sociétés à avoir développé en open source un small language model pour ses besoins – a dit que depuis le lancement de ChatGPT en mars 2023, il a passé ces trois années à osciller dans un grand huit mental entre l’espoir des capacités de cette nouvelle technologie et les craintes d’être « disrupté ». Mais aujourd’hui, les chiffres lui montrent que c’est l’espoir qui l’emporte. Claude permet peut-être de coder en minutes ce qui s’écrivait en jours, mais la demande de développeurs est en hausse de 11 % sur un an. J’aime la manière dont Peng Zhao aborde cette problématique : honnête et humble sur ses doutes ; argumenté et confiant sur sa réponse. Et sur ce domaine, l’IA est et restera derrière. Il faudra toujours de l’humain pour juger l’humain.