L’AMF pointe des failles persistantes sur la prise en compte des préférences de durabilité
L’Autorité des marchés financiers (AMF) reconnaît une nouvelle fois la complexité réglementaire et technique qui entoure le recueil des préférences de durabilité des clients. À l’issue d’une série de contrôles menés auprès de cinq prestataires de services d’investissement, le régulateur salue la mobilisation des acteurs pour se mettre en conformité, tout en pointant des «insuffisances significatives dans le respect des exigences applicables, révélant des écarts dans la mise en œuvre opérationnelle des obligations réglementaires».
Cela fait maintenant trois ans que les conseillers en investissement sont tenus d’intégrer les préférences de durabilité exprimées par leurs clients afin de leur proposer des placements cohérents à la fois avec leur profil de risque et leurs objectifs extra-financiers. Pour autant, cette évolution, introduite par la directive européenne MiFID II, n’a pas fait l’unanimité. En novembre dernier, les autorités nationales ont d’ailleurs engagé des travaux visant à simplifier le parcours client et à apporter certains ajustements au dispositif.
Du bon et du mauvais
Les contrôles réalisés entre avril et juillet 2024 ont fait apparaître des progrès, qui restent largement perfectibles. Les établissements ont enrichi leur offre d’instruments financiers intégrant des caractéristiques de durabilité. Le régulateur relève également la mise en place de formations dédiées aux conseillers, l’introduction d’explications pédagogiques dans les questionnaires et, chez certains acteurs, l’adoption d’une approche cumulative dans la prise en compte des critères de durabilité. Des initiatives qui demeurent toutefois hétérogènes au sein du panel examiné.
A lire aussi : L'initiative Net Zero Asset Managers est officiellement relancée
D’autant que les démarches restent difficilement quantifiables. L’AMF observe notamment l’absence de dispositif formalisé permettant d’évaluer le niveau d’expertise des professionnels sur le terrain. Pour les clients, si des explications complémentaires sont fournies, les seuils qualitatifs avancés sont rarement explicités de manière opérationnelle et peu traduits en pourcentages minimaux d’intégration des critères de durabilité dans les portefeuilles.
L’AMF souligne toutefois qu’à la suite des contrôles conduits sur l’année 2024, une accélération des actions correctrices et des travaux de mise en conformité a été constatée. Une affirmation à quantifier elle aussi.
Plus d'articles du même thème
-
FNZ nomme un nouveau président
Stephen Welch remplace Gregor Stewart en poste depuis août 2024. -
Le groupe Orion réalise une nouvelle opération de croissance externe
Le cabinet de gestion de patrimoine acquiert 360 Gestion Privée, une structure basée à Soorts-Hossegor et dont les actifs conseillés s'élèvent à 20 millions d’euros. -
JP Morgan AM nomme une responsable mondiale de la recherche pour l’investissement durable
Après avoir quitté la société de gestion en 2022, Leslie Rich revient avec de nouvelles fonctions.
ETF à la Une
Fineco AM lance trois ETF Ucits avec Amundi
- La SCPI Iroko Zen revalorise sa valeur de part
- Les solutions de gestion transfrontalière séduisent les grandes fortunes
- La capitalisation totale des SCPI recule au 30 juin 2026
- Le cabinet Prosper Conseil nomme un nouveau directeur général
- Le gouvernement améliore la prise en compte de la parentalité dans la retraite des femmes
Contenu de nos partenaires
-
Sans filtrePrésidentielle : le RN face à ses maires francs-tireurs
A huit mois de la présidentielle, le RN cherche à gommer ses irritants. Mais ses nouveaux maires, eux, semblent avoir gagné une liberté qui pourrait bien compliquer la stratégie de Marine Le Pen au niveau national -
EditoGérald Darmanin, l’affaire Lyhanna et le boomerang
Le courrier explosif que le ministre de la Justice a adressé à Laurent Nuñez, énumérant les défaillances des services de police dans la prise en compte des violences sexuelles sur mineurs, pourrait bien se retourner contre lui -
Main dans la mainL'Arabie saoudite, la Turquie et le Pakistan ont-ils créé une Otan du Moyen-Orient ?
Avec leur accord de défense mutuelle signé à La Mecque, les trois puissances veulent renforcer leur pouvoir de dissuasion