Alantra et Swiss Life marient banque d’affaires et banque privée
Dans l’Hexagone, l’offensive d’Alantra vis-à-vis de ses principaux concurrents ne passe pas inaperçue. La banque d’affaires d’origine espagnole conseille désormais chaque année une vingtaine d’opérations de taille moyenne (midcap) et entend se poser comme une réelle alternative aux grandes enseignes que sont Rothschild & Co et Lazard. Y compris en matière d’accompagnement des dirigeants dans leur gestion patrimoniale. A ce titre, elle vient de s’unir à Swiss Life Banque Privée pour donner naissance à une coentreprise baptisée La Banque d’Affaires. Une entité atypique détenue à part égale, dont l’objectif est de mettre en commun toutes les expertises nécessaires aux chefs d’entreprise: ingénierie patrimoniale, expertise sectorielle.«Le client signera un contrat avec cette joint-venture de façon à disposer d’un accès complet à l’ensemble des expertises de nos deux structures, explique Hervé Mercier Ythier, président du directoire de Swiss Life Banque Privée.Le premier objectif est d’éliminer toutes les contraintes qui viennent habituellement de la séparation de nos métiers et de fluidifier toute l’information pour qu’elle soit partagée dès le démarrage.» L’ambitionde La Banque d’Affaires était initialement modeste: une quinzaine de mandats devait être engrangé la première année. Mais le flux de dossiers entrants serait – à en croire les deux parties – bien plus important.
Fabrice Scheer à la manoeuvre
Initiateur de ce projet, Fabrice Scheer en sera aussi le principal animateur. Ce banquier d’affaires est arrivé chez Alantra début 2020 en tant que managing partner. Il s’est taillé une solide réputation en passant près de quinze ans chez UBS Wealth Management, où il a notamment officié en qualité de responsable du M&A midcap en France. Une casquette qui l’a notamment amené à être l’accompagnateur historique de la famille Provost dans leur problématique de recomposition du capital de leur réseau de coiffure éponyme – lequel a été cédé à Core Equity,comme l’avait révélé L’Agefi en février. La capacité de l’homme à faire le pont entre le métier de la banque d’affaires et celui de la banque privée sera donc l’une des clefs du succès de La Banque d’Affaires.«Ce schéma de collaboration est intéressant car les capacités d’investissement de l’un ne sont pas obérées par l’autre, s’enthousiasme Fabrice Scheer.Dans des modèles équivalents que je ne citerai pas, vous avez toujours un métier dominant par rapport à un autre. Les banques naissent autour d’un métier principal et cet ADN ne se change pas comme ça.»
Avec cette joint-venture, Alantra et sa quarantaine de banquier d’affaires en France élargit son offre de services et réaffirme ses ambitions auprès des entrepreneurs et des actionnaires familiaux. Une logique suivie par d’autres établissements, à l’image de Lazard quia lancé son offensive dans le small capen début d’année. Le bureau parisien piloté par Jean-Louis Girodolle a en effet créé une offre sur-mesure baptisée LazardNext et dédiée au conseil des entreprises dont la valorisation se situe entre 20 et 100 millions d’euros. Là encore, le développement de cette nouvelle expertise s’était traduit en piochant chez la concurrence. Et avait abouti au recrutement de Julien Lestrade, ex-responsable du business development de Transaction R. De quoi offrir à Lazard les moyens de grapiller des parts de marché à Rothschild & Co, ou à de plus petites structures comme celled’Alantra.
Plus d'articles du même thème
-
La technologie invisible : le luxe ultime de la banque privée
Dans un monde où la technologie s’affiche souvent comme une fin en soi, les banques privées rappellent une évidence : son rôle est de disparaître pour mieux servir. Ici, la data et l’IA ne sont pas des outils de disruption, mais des leviers de confiance et de précision au service d’une relation client exigeante. Une vision qui interroge : et si le vrai luxe technologique était de ne plus en parler ? -
Rothschild & Co pousse ses pions dans la gestion de fortune en Allemagne
La banque réalise l'acquisition de la banque privée hambourgeoise Marcard, Stein & Co, dont les encours s'établissent à environ 7 milliards d'euros. Cette transaction lui permet également d'obtenir une licence bancaire. -
Intesa fait entrer la consolidation bancaire italienne dans une nouvelle ère
La plus grande banque italienne a lancé une offre pour racheter MPS-Mediobanca quelques heures après que Banco BPM a fait une proposition similaire. De quoi bouleverser les équilibres de l'ensemble de la finance transalpine.
Sujets d'actualité
ETF à la Une
AllianzGI va lancer cinq ETF actifs en Europe dès l'été
- L’environnement de marché est moins favorable à l’or
- L'AFG propose d'introduire une dose de capitalisation dans les retraites complémentaires du privé
- Les rétrocessions de la colère, ou comment jouer à se faire peur
- Le programme Tibi 3 vise 15 milliards d'euros d'investissements dans la tech
- Pour les CGP, la crise Anthropic ouvre une fenêtre à l’IA européenne
Contenu de nos partenaires
-
Under pressureDe David Cameron à Keir Starmer, retour sur une décennie d'instabilité politique au Royaume-Uni
La démission de Keir Starmer, ce lundi, ouvre la voie à l’arrivée d’un septième Premier ministre en dix ans. Du jamais-vu dans l’histoire moderne du pays, miroir d’un paysage politique fragmenté. -
Canada : trois morts dans une fusillade à Montréal, dont un policier et le suspect
Une fusillade a fait trois morts lundi 22 juin à Montréal, dans le quartier de Côte-des-Neiges, fréquenté par une importante communauté juive. Un policier et un résident ont été tués, ainsi que le suspect, selon les autorités -
« Il faut former tous les magistrats » : les féminicides, ces autres défaillances de l’État
Ce lundi, le rapport sur les dysfonctionnements dans l’affaire Lyhanna est publié. Mais les défaillances de l’Etat ne se cantonnent pas à cette affaire et concernent de nombreux féminicides.