Le marché de la cession-transmission d’entreprise est revu par BPCE L’Observatoire
Cette année, BPCE L’observatoire a étendu son analyse de la cession-transmission d’entreprise aux très petites entreprises (TPE) (1).
Au moins 75.000 cessions par an. L’organisation avance tout d’abord le caractère erroné des 60.000 cessions-transmissions qui serait réalisées chaque année, lui préférant le chiffre de 75.000. « Un chiffre de 75.000 qui constitue un minima compte tenu du fait qu’il ne prend pas en considération les professionnels libéraux et les personnes physiques, difficilement identifiables », ecrit L’Observatoire.
Les cessions d’entreprise ne sont pas liées à l’âge du dirigeant. Que ce soit pour les TPE ou pour les PME et ETI, le départ à la retraite des dirigeants a un impact, selon BPCE, très limité sur les cessions d’entreprises. 83 % des TPE et 67 % des PME et ETI sont cédés avant 60 ans. Ainsi, les 75.000 cessions par an concerneraient davantage des jeunes que des dirigeants âgés, « contrairement à l’hypothèse antérieure, implicite mais déterminante, que les cessions s’expliquent par le renouvellement démographique », relève Alain Trourdjman, directeur des études économiques et de la Prospective du groupe BPCE, lors de la conférence de presse du 1er juin 2017, ajoutant ainsi que « le phénomène du vieillissement des dirigeants de PME n’est pas la promesse d’une multiplication des cessions futures, il ne provoque pas non plus une accélération des cessions ». Pour Alain Tourdjman, la transmission de l’entreprise en fin d’activité est « un échec » pour la France. « Cela s’explique par une politique de soutien à la création d’entreprise qui crée une asymétrie en défaveur de la reprise. En conséquence, on observe une fragmentation du tissu des entreprises qui est loin de favoriser l’émergence des entreprises de taille intermédiaire (ETI) en France », a indiqué Alain Tourdjman.
Si la cession n’est pas liée à l’âge du dirigeant, sa probabilité augmente avec la taille de l’entreprise. Sachant que les cessions de PME concernent 1 millions d’emplois, contre 150.000 pour les TPE, « une attention devrait être prioritairement portée sur l’encouragement des cessions de PME », a précisé Alain Tourdjman.
Comment encourager la reprise d’entreprise ? Pour Alain Tourdjmann, si les dirigeants avancent certains freins à la cession-transmission de leur entreprise qui pourraient expliquer la non-reprise de certaines entités, la responsabilité de cette situation incombe davantage aux pouvoirs publics qui doivent être « plus ambitieux ». « Politiquement, il est plus intéressant de parler de 500.000 créations d’entreprise que de 80.000 reprises d’entreprise », a indiqué l’expert.
Transmission familiale. Par ailleurs, la transmission familiale a également été examinée par BPCE L’Observatoire. Elle représente 17 % des cessions de TPE, comme de PME et ETI. L’Observatoire souligne que le taux de survie à trois ans est bien supérieur pour ces transmissions.
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