Le pari du non coté enligne
Et une de plus ! Les plateformes de distribution de produits d’épargne en ligne ne cessent de voir débarquer de nouveaux concurrents. A côté des généralistes qui distribuent des produits multi-classes d’actifs, de nouvelles font le choix de la spécialisation. C’est le cas par exemple d’Alphacap. «Nous voulons devenir la première plateforme spécialisée sur les investissements non cotés dans les trois prochaines années », clament ses deux co-fondateurs, Baptiste Saint-Martin et Souleymane-Jean Galadima, dans leur communiqué de lancement.
Spin off de Mata Capital
A l’origine du projet on retrouvedeux anciens de la société de gestion Mata Capital. Baptiste Saint-Martin y développait les nouveaux véhicules d’investissement pendant que Souleymane-Jean Galadima, ancien co-fondateur de WiSeed Immobilier,dirigeait le pôle business digital. Le premier est aujourd’hui président d’Alphacap, le second directeur général, et tous les deux ambitionnent d’accélérer ce que Mata Capital avait commencé à faire: démocratiser le private equity. «Mata Capital se recentre sur son métier de gérant et ménage les attentes des investisseurs institutionnels, peu enclins à investir aux côtés des investisseurs privés», glisse Souleymane-Jean. D’où l’idée de créer une structure à part pour cibler ce public, tout en maintenant une relation étroite entre les deux entités.Outre le fait que les deux entreprises partagent (pour l’instant) les mêmes locaux, on relèvera la présence de Jean-Baptiste Pracca, président de Mata Capital, au conseil de surveillance d’Alphacap. Pour autant, aucun lien capitalistique ne relie les deux entreprises et la plateforme revendique une totale indépendance dans la sélection de ses produits.
Le private equity pour tous
Lancée en septembre dernier, Alphacap couvre une large partie du spectre des placements non cotés. Elle propose à ses clients d’investir via des contrats d’assurance vie et des PER, mais aussi en direct dans des fonds, comme des SCPI, OPPCI, FCPR et même des FPCI. La plateforme est partenairedepoids lourds du secteur, comme LBO France et Apax Partners. Si le private equity en ligne n’est pas nouveau, peu de plateformes proposent aux épargnants d’investir en direct dans des fonds d’actions non cotées. Alphacap se distingue à ce niveau même si, entre temps, Altaroc, un nouveau concurrent, est venu lui faire de l’ombre.
Côté stratégie commerciale, Alphacap jongle entre deux segments de clientèle très différents. D’un côté les clients dits «mass affluent » qui investissent entre 5.000euros et 50.000 euros. De l’autre, les High networth individuals (HNWI) qui peuvent lui confier des sommes bien supérieures. « Nous ciblons un grand public qualifié, éduqué financièrement ou curieux d’en savoir plus », explique Souleymane-Jean Galadima. Comprendre : les épargnants qui peuvent ou qui veulent se passer des intermédiaires. « Les jeunes ne veulent plus perdre de temps avec de la paperasse ou des conseillers, ils veulent de l’autonomie, tacle le dirigeant. Surtout qu’ils peuvent à présent investir rapidement dans beaucoup de classes d’actifs comme les cryptomonnaies.» Pour les HNWI, Alphacap y va manuellement. «Nous les recrutons en direct, par recommandation essentiellement et traitons avec eux sans intermédiaire, confie Souleymane-Jean, qui précise toutefois que pour «des questions d’ingénierie financière», ils peuvent faire appel à Oddo BHF.
Outre l’accessibilité, l’offre de la plateforme respecte les standards du web, notamment la souscription entièrement dématérialisée. Les épargnants se verront définir un profil de risque et recevront des recommandations d’allocation après avoir rempli un questionnaire sur leurs connaissances financières et appétence au risque.
Un peu plus d’un mois après son lancement officiel, Alphacap revendique une dizaine de millions d’euros d’encours conseillés. Elle vise une collecte annuelle de 100millions d’euros d’encours d’ici cinq ans.
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