Les stars de l’assurance-vie déchantent
Historiquement considérées comme les faiseuses de tendance, les associations d’épargnants perdent leurs places de référents sur le marché de l’assurance-vie. A l’occasion de l’annonce des taux de rendement des fonds en euros pour l’exercice 2023, l’Afer, l’Agipi, Gaipare, et Asac-Fapes ont tous dévoilé des performances en dessous du taux moyen estimé à 2,5% net, par les professionnels du marché. «Nous attendions leurs annonces chaque année, ils étaient souvent en tête du marché. Ils se retrouvent désormais en queue de peloton», constate Cyrille Chartier-Kastler, fondateur du site Good Value for Money.
Gaipare et Asac-Fapes, tous deux partenaires d’Allianz, dévoilent une performance de respectivement 2,3% et 2,1% nets de frais de gestion et avant prélèvements sociaux et fiscaux, après avoir servi un taux compris entre 2% et 2,2% en 2022. Ces dernières années, l’assureur allemand n’a pas caché sa volonté de sortir du fonds en euros, ce qui pourrait expliquer de tels résultats, explique le fondateur du site Good Value for Money. En parallèle, Agipi affiche une performance de 2,45% net. L’association partenaire d’Axa – qui assume sa stratégie tournée vers l’eurocroissance - avait servi un taux de 2,05% en 2022.
Enfin, l’Afer a annoncé servir une performance de 2,22% nets sur l’exercice 2023. «Nous ne voulons pas prendre aujourd’hui ce que nous avons pris hier à un autre assuré. Et nous ne voulons pas non plus retirer aujourd’hui pour donner à autrui demain», justifie Gérard Bekerman, président de l’Afer. C’est la première fois de son histoire qu’elle affiche un rendement en dessous de la moyenne de marché. Un an auparavant, l’association partenaire d’Abeille Assurances affichait un taux de 2,01%, lorsque la moyenne de marché atteignait 1,91%, selon la Banque de France. Un tournant pour l’institution dont les encours sont constitués à près de 75% de fonds en euros.
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Des réserves presque à sec
«On ne donne pas ce qu’on veut pour briller. On donne ce qu’on peut pour assurer dans le temps la sécurité de notre épargne», a expliqué le président l’Afer. Mais la marge de manœuvre est réduite pour les associations qui affichent des niveaux de provision pour participation aux bénéfices (PPB) parmi les plus bas du marché. Pour la deuxième année consécutive, l’Afer s’est servi de 117 millions d’euros issus de ses réserves financières pour soutenir sa performance, après une rallonge de 94 millions d’euros piochée en 2022. Son stock de capitaux s’élève désormais à 219 millions d’euros. Gaipare a également redistribué 7,3 millions d’euros et affiche à présent un niveau de provision de 69,6 millions d’euros.
Un contexte de marché pourtant favorable
La situation est un peu meilleure du côté des unités de compte. Elles affichent des rendements bien supérieurs à l’année passée. A l’image de l’Afer Multi Foncier qui essuyait une contre-performance à -23,40% en 2022 et qui sert une performance de 5,68% en 2023. Afer Index Cac 40 frôle la barre de 20% de rendement, tandis que l’unité de compte Afer Actions Amérique la dépasse, à 20,41%. Mais le choc qu’a subi la pierre papier n’aura fait aucune exception. La totalité des supports immobiliers proposés par l’Afer affichent des performances négatives. Elles varient de -6,54% pour Afer Experimmo à -15,56% pour l’unité de compte Afer Immo.
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L’année 2024 devrait confirmer ou infirmer la volonté des associations à se réengager. Une des solutions : se réinventer. L’Afer a mis le pied dans la porte de la gestion indicielle en annonçant le lancement prochain de son tout premier ETF.
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