Mediobanca compte sur des rachats pour se développer dans la banque privée
Mediobanca a présenté hier un plan stratégique à trois ans visant à développer la gestion de fortune grâce à des acquisitions et des cessions. La banque italienne, qui détenait déjà 50% du spécialiste de la gestion privée Banca Esperia, a dévoilé le rachat des 50% restants auprès de Banca Mediolanum, pour 141 millions d’euros. Banca Esperia sera intégrée à une nouvelle division consacrée à la gestion de fortune.
L’établissement milanais veut augmenter son résultat brut d’exploitation de 43% à un milliard d’euros en 2019. Il souhaite que l’activité de gestion de fortune contribue pour 40% aux revenus tirés des commissions contre 21% actuellement. La banque prévoit de générer 1,7 milliard d’euros de bénéfices sur la durée du plan, et d’en reverser 600 millions en dividendes. Elle vise un ratio de fonds propres CET1 de 14% à fin juin 2019 contre 12% fin juin 2016.
«Durant ces trois prochaines années, nous voulons accélérer la redéfinition de notre modèle économique dans les activités bancaires spécialisées à fortes marges, poursuivre notre croissance (organique et via des opérations de M&A) et améliorer l’allocation de notre capital», explique Mediobanca dans une présentation dédiée aux actionnaires.
Pour atteindre ses objectifs, l’établissement prévoit de consacrer 1 milliard d’euros à des acquisitions d’ici à 2019. Il pourrait viser des cibles britanniques ou américaines, ont dévoilé ses dirigeants lors d’une conférence téléphonique, citant l’exemple du gérant londonien Cairn Capital. En août 2015, Mediobanca avait surpris en annonçant sa première acquisition hors d’Italie depuis 70 ans : une participation de 51% dans Cairn Capital achetée auprès de RBS. L’accord comprend une option d’achat, trois ans plus tard, du reste des parts, détenues par les dirigeants.
Pour réaliser de nouvelles acquisitions, le groupe utilisera quelque 1,3 milliard d’euros dégagés de cessions d’actifs. Il a ainsi prévu de réduire sa participation dans Generali de 13 à 10%, et envisage même de la ramener en dessous de 10%. Il vendra aussi ses parts dans RCS Group et Atlantis. Mediobanca a longtemps détenu un portefeuille de participations dans les plus grands groupes italiens, ce qui la plaçait au cœur de l’économie locale. Mais en juillet 2013, elle a changé de cap pour se recentrer sur son activité bancaire classique. Depuis, elle a déjà levé 1,6 milliard d’euros via différentes cessions.
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