Pékin assomme les valeurs de la tech chinoise
Vent de frisson sur les valeurs technologiques chinoises. L’enquête ouverte la semaine dernière par les autorités de Pékin contre les pratiques monopolistiques d’Alibaba fait dévisser l’ensemble du secteur en Bourse. En deux séances, les 24 et 28 décembre, l’empire fondé par Jack Ma a vu son action plonger de 15,5% à Hong Kong. Ses gains de 2020 ont quasiment été effacés. Autres valeurs stars du commerce en ligne en Chine, Tencent et Meituan ont abandonné 9,1% et 9,4% respectivement, les investisseurs voyant aussi une bonne occasion de prendre leurs bénéfices sur des titres qui affichent encore des hausses de 38% et 151% sur l’année.
«Le gouvernement chinois veut raffermir son contrôle sur les entreprises de la tech, déclarait lundi Jackson Wong, responsable de la gestion pour le fonds Amber Hill Capital. Il y a une grosse pression vendeuse sur des entreprises comme Alibaba, Tencent ou Meituan, car ces firmes ont grossi à un rythme jugé trop rapide par Pékin et ont atteint une taille trop grande.»
Un poids grandissant dans les services financiers
Comme en Europe et aux Etats-Unis, où le pouvoir croissant des Gafa a fini par engendrer un retour de bâton, la Chine et le Parti communiste au pouvoir n’entendent pas se laisser déborder par le phénomène. D’autant que le poids pris par les géants du commerce dans les services financiers pose un risque systémique dans le pays. Alibaba et son patron Jack Ma, qui avait osé brocarder publiquement les régulateurs financiers, sont les premiers à en faire les frais. Les autorités ont d’abord imposé in extremis le gel du projet d’introduction en Bourse d’Ant, le bras financier du groupe, en novembre, puis ouvert une enquête formelle jeudi dernier sur les pratiques concurrentielles d’Alibaba, avant de passer la troisième lame dimanche : la banque centrale a demandé à Ant de se recentrer sur son métier d’origine, les paiements, au risque de casser le modèle de croissance de la société.
Jusqu’où ira la reprise en main de Pékin ? «Il est très difficile de prédire le résultat des enquêtes en cours du gouvernement chinois sur Alibaba et les autres plates-formes», estimaient lundi dans une note les analystes du courtier actions Baird. Par le passé, Alibaba ou Tencent ont déjà subi des coups de semonce de la part des autorités, sans que ces actions ne remettent en cause les fondements de leur croissance. Ce ne serait pas la première fois que Pékin souffle le chaud et le froid.
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Le dirigeant chinois lui a aussi promis l’achat de 200 «gros» Boeing, a-t-il dit. C’est considérable, mais moindre que la commande de 500 avions monocouloirs 737 MAX et d’une centaine de gros porteurs (787 Dreamliner et 777) évoquée par la presse depuis des mois. La Chine est un partenaire stratégique et économique primordial pour l’Iran qui lui destine la grande majorité de ses exportations de pétrole. Elle est directement touchée par la quasi-fermeture, sous l’effet des blocus iranien et américain, du détroit d’Ormuz par lequel transite une grande part de ses acquisitions d’hydrocarbures, d’Iran mais aussi d’autres pays du Golfe. L’Iran a annoncé jeudi, en plein sommet pékinois, que ses forces avaient autorisé le passage de plusieurs navires chinois. Washington voudrait voir Pékin user de son influence sur Téhéran pour contribuer à une sortie de crise dans le Golfe. Tout en s’employant diplomatiquement, Pékin a observé jusqu'à présent une grande retenue. «Nation en déclin» C’est l’un des sujets de crispation que le sommet est destiné à atténuer, sinon à dissiper. Ils abondent: Iran donc, Taïwan, relations commerciales, restrictions d’accès aux terres rares et aux semi-conducteurs, intelligence artificielle et propriété intellectuelle... Ils se sont manifestés ouvertement jeudi avec une mise en garde vigoureuse du président chinois quant au risque de «conflit» entre Chine et Etats-Unis au sujet de Taïwan. Les propos de M. Xi ont dominé le premier jour de la visite. La compétition - stratégique, commerciale, technologique - est extensive et la Chine semble miser sur un déclin des Etats-Unis, subtilement évoqué par Xi Jinping lui-même lorsqu’il a cité l’historien de l’Antiquité grecque Thucydide, théoricien du risque de guerre lorsqu’une puissance émergente entre en rivalité avec une puissance dominante. M. Trump a répondu jeudi soir dans un message sur sa plateforme Truth Social. «Le président Xi a fait très élégamment référence aux Etats-Unis comme étant peut-être une nation en déclin», a-t-il dit. Mais selon lui, l’homme fort de Pékin avait à l’esprit les Etats-Unis de son prédécesseur Joe Biden, pas l’Amérique actuelle. «Il y a deux ans, nous étions effectivement une nation en déclin. Aujourd’hui, les Etats-Unis sont le pays le plus génial de la planète», a-t-il dit. «Stabilité constructive» Depuis le retour de M. Trump à la Maison Blanche, Chine et Etats-Unis se sont livré une âpre guerre commerciale aux répercussions planétaires, à coups de droits de douane exorbitants et de restrictions multiples. MM. Trump et Xi ont conclu une trêve en octobre et, depuis, la Cour suprême américaine a mis à bas les droits de douane généralisés de l’administration Trump. Mais le cessez-le-feu commercial reste exposé à l’instauration de nouvelles surtaxes américaines envisagées par le républicain. Actuellement, l'économie mondiale et la Chine ressentent les effets de la guerre menée par M. Trump avec Israël contre l’Iran. M. Xi a réaffirmé jeudi le vœu chinois de certitude et de prévisibilité dans un monde en proie aux turbulences. Lui et M. Trump se sont entendus pour désigner désormais les rapports sino-américains comme une «relation de stabilité stratégique constructive», selon la diplomatie chinoise. Le président chinois a promis d’ouvrir «toujours plus grand» la Chine aux entreprises étrangères. Avec l’excédent commercial chinois, les pratiques déloyales ou les violations de propriété intellectuelle imputées à la Chine, les obstacles à l’accès au marché chinois sont l’un des grands griefs des Etats-Unis, comme d’autres pays développés, à l’encontre de Pékin. M. Trump a emmené avec lui une importante délégation de grands patrons. 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