La hausse des taux d’intérêt va opérer un tri douloureux mais passionnant à observer dans l'écosystème de la nouvelle finance.
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Alexandre Garabedian
Alexandre Garabedian, directeur de la rédaction de L’Agefi.
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Pas facile, pour les licornes de la finance, de démêler ce qui tient du conte de fées et de l’âpre réalité. Le nouveau régime de taux d’intérêt dans lequel le monde est entré depuis le printemps va permettre d’y voir plus clair. La hausse du coût de l’argent annonce une grande lessive, aussi nécessaire que douloureuse, pour départager les quelques modèles gagnants de la fintech et le cortège des suiveurs qui s’achetaient des croissances à deux chiffres, tirées sur le compte en banque des fonds de capital-risque.
Le buy now pay later (BNPL) illustre à merveille les forces et faiblesses des «disrupteurs». Soit un vieux métier à cheval entre la banque et la distribution, le crédit sur le lieu de vente avec carte revolving, réinventé et modernisé par des acteurs comme Klarna pour coller aux besoins des e-commerçants et des internautes. Des dizaines de start-up ont quasiment créé de toutes pièces, avec un talent marketing indéniable, un marché touchant des consommateurs plus jeunes et féminisés que la moyenne. A la frontière des flux et du crédit, le paiement fractionné ou différé est appelé à se substituer à d’autres formes de financement des dépenses courantes, tel le découvert bancaire. Rien d’étonnant à ce qu’il attire désormais des mastodontes comme Apple, qui ont les moyens de leurs ambitions.
Le retour de la finance traditionnelle
Mais la hausse des taux d’intérêt et celle, probable, du coût du risque, à l’heure où l’inflation dégrade la solvabilité des ménages, sifflent la fin de la récréation pour les plus fragiles. Un temps débordée par l’innovation des nouveaux venus, la finance traditionnelle s’apprête à reprendre ses droits. Des droits fondés sur une base de dépôts stables et bon marché, et sur les devoirs qu’impose la réglementation des établissements de crédit en matière de fonds propres et de gestion du risque. Le buy now pay later portait trop bien son nom : ses promoteurs achetaient aujourd’hui une croissance non rentable, en renvoyant à un horizon lointain leur retour sur investissement. Tous les paramètres de leur modèle économique viennent d’être remis à zéro, en témoigne le plongeon de leurs valorisations.
Une vague de consolidation attend donc le secteur du paiement différé. Mais aussi l’écosystème de la blockchain et des crypto-actifs, ou encore celui du financement participatif, où les fusions sont déjà à l’œuvre. Si la hausse des taux n’y suffit pas, le tour de vis réglementaire achèvera de pousser aux rapprochements. D’ici à quelques années émergera une poignée de leaders solides exerçant leurs activités avec des règles du jeu claires. Tout comme l’explosion de la bulle internet au début des années 2000 a permis de trier le bon grain de l’ivraie et consacré Amazon ou Google. Pour les fintechs, l’heure de la sélection naturelle a sonné, et celle-ci s’annonce passionnante.
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