Un rachat d’Opel ne sera pas une partie de campagne pour PSA
La Bourse a salué mardi l’annonce de l’intérêt de PSA pour Opel en hommage au retournement réussi par son patron Carlos Tavares du constructeur français depuis 3 ans. Hier elle a fait la grimace en mesurant qu’un rachat ne serait pas une partie de campagne.
Après avoir fortement chuté en début de séance, le titre s’est repris ensuite pour clôturer en baisse de 0,9% dans un marché en hausse de 0,6%.
Les préoccupations du marché sont multiples. Primo, les politiques, qui ont peu appréciés d’apprendre les négociations par la presse, seront vigilants à Londres comme à Berlin où les dirigeants des deux groupes ont été convoqués.
L’Allemagne est en année électorale et la Grande-Bretagne en plein Brexit. Il faudra prendre des engagements sachant que les syndicats sauront faire pression sur leurs élus.
Secundo, les inconnues économiques d’un éventuel accord sont nombreuses. Le montant des synergies est sujet à débat : Barclays les situe dans une fourchette large, de 1,1 à 2 milliards d’euros, Exane BNP Paribas à 800 millions hors synergies résultant de la coopération existant déjà entre PSA et Opel.
Tertio, les analystes remarquent que les ventes de PSA dépendront davantage de l’Europe, à 70% contre 60% aujourd’hui. Or tous ne sont pas convaincus de l’opportunité d’y renforcer son exposition.
Enfin, un doute subsiste sur les engagements de retraite de GM dans les pays concernés. On les ignore avec précision mais on sait qu’ils sont importants. Mondialement, le déficit de financement du constructeur en 2016 se montait à 11 milliards d’euros.
Avant de prendre une direction claire, le cours de PSA devra attendre que le marché soit sûr que le prix de la transaction tiendra bien compte de ces éléments.
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