Orpea lance sa troisième et dernière augmentation de capital
Le gérant de maisons de retraite s’apprête à boucler sa restructuration financière qui se solde par une prise de contrôle par un groupement mené par la Caisse des dépôts.
L’exploitant de maisons de retraite et de cliniques Orpea a annoncé jeudi le lancement de la troisième augmentation de capital prévue dans le cadre du plan de sauvegarde accélérée de la société.
Après le succès fin novembre d’une première augmentation de capital de 3,88 milliards d’euros, puis d’une deuxième d’un montant de 1,16 milliard d’euros le mois suivant, Orpea lance une troisième opération pour un montant de 390 millions d’euros, prime d'émission incluse.
Cette opération est entièrement garantie, à hauteur d’environ 195,7 millions d’euros par le groupement constitué de la Caisse des dépôts et consignations (CDC), de la Maif, de CNP assurances et de MACSF Epargne Retraite, et à hauteur de 194,3 millions d’euros par les membres du SteerCo, un groupe comprenant cinq institutions qui détiennent une part significative de la dette non sécurisée de la société.
Jusqu’au 2 février
Cette troisième et dernière augmentation de capital prévoit le maintien du droit préférentiel de souscription et l'émission d’environ 29,3 milliards d’actions nouvelles, à souscrire en numéraire à un prix unitaire de 0,0133 euro.
Par rapport au cours de clôture de l’action Orpea mardi, le prix de souscription des nouvelles actions fait apparaître une décote faciale de 6,99%.
La parité de souscription ressort à 7 actions nouvelles pour 31 existantes. La période de négociation du droit préférentiel de souscription sera ouverte du 19 au 31 janvier inclus, tandis que la période de souscription s'étalera du 23 janvier au 2 février inclus.
Les actions nouvelles seront admises aux négociations sur Euronext Paris compter du 15 février et, à cette date, la capitalisation boursière théorique du groupe en difficulté s'établirait à 2,7 milliards d’euros, contre 1,8 milliard d’euros actuellement.
Tourner la page d’une crise sans précédent
A l’issue de cette troisième augmentation de capital, le groupement mené par la CDC détiendra 50,1% du capital d’Orpea. Les créanciers en posséderont 48,8% tandis que le flottant représentera 1% des parts. Les actionnaires actuels d’Orpea ne détiendront plus que 0,4% du capital de l’entreprise, composé d’environ 159 milliards d’actions après ces levées de fonds.
Orpea tournera alors la page d’une crise historique déclenchée par les révélations du livre Les Fossoyeurs du journaliste Victor Castanet en janvier 2022 et aggravée par les conséquences du Covid-19 et la vive remontée des taux d’intérêt.
Grâce à ces fonds, Orpea compte financer son plan de refondation, qui prévoit l’atteinte d’une marge d’Ebitdar de 19% et une dette nette de 3,6 milliards d’euros en 2026.
Pour l’exercice 2023, Orpea a indiqué jeudi anticiper dorénavant un Ebitdar de 690 millions d’euros, un montant inférieur de 2,8% à l’objectif de 710 millions d’euros présenté en novembre dernier. Le chiffre d’affaires de l’exercice écoulé est toujours attendu à 5,2 milliards d’euros par les dirigeants.
Orpea a réitéré ses prévisions pour l’exercice 2024 et les deux suivants.
Plus en difficulté, Bigben vient d’entrer en sauvegarde accélérée. Le PDG d’Atari détiendra indirectement près de 43% du capital de la société après les opérations de refinancement.
Alors que son actionnaire de référence, Porsche SE, exhorte le groupe à accélérer ses prises de décision pour sortir du marasme, la résistance des salariés et des syndicats se renforce.
Elles ont accepté de mettre en œuvre la restructuration financière privilégiée par le distributeur même en cas d’opposition des autres créanciers. Les incertitudes juridiques sur le dossier restent élevées.
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