Dans un contexte incertain, Bouygues rassure sur ses marges et sur son endettement
L’action Bouygues défie mercredi la morosité des marchés financiers, le groupe diversifié ayant démontré sa capacité à renforcer ses marges malgré les nombreuses incertitudes qui pèsent sur ses principaux débouchés.
Le titre Bouygues a progressé de 1,45%, à 39,76 euros, tandis que l’indice CAC 40 gagnait 0,1%. Portés par les solides performances des activités de construction, les résultats de l’entreprise ont dépassé les attentes des analystes pour les neuf premiers mois de l’année.
Entre janvier et septembre derniers, Bouygues a réalisé un résultat opérationnel courant des activités (ROCA) de 1,81 milliard d’euros, en amélioration de 95 millions d’euros par rapport à la période correspondante de 2024. Dans le même temps, son chiffre d’affaires a augmenté de 0,8% à taux de change et périmètre constants, à 41,86 milliards d’euros, pour faire ressortir une marge de ROCA de 4,3%, en hausse de 0,2 point de pourcentage.
Selon le consensus publié sur le site internet de la société, la médiane des prévisions des analystes se situait à 41,81 milliards d’euros pour le chiffre d’affaires sur neuf mois et à 1,77 milliard d’euros pour le ROCA. Afin d'établir ce consensus, Bouygues a interrogé huit analystes entre les 22 et 29 octobre derniers.
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Des objectifs réajustés
Dans un contexte «incertain», Bouygues a signé «une publication solide au niveau des marges» pour les neuf premiers mois de l’année, souligne Oddo BHF dans une note adressée à ses clients. Les investisseurs ont notamment retenu pour la période l’amélioration de 0,5 point de pourcentage sur un an de la marge de ROCA des activités de Bouygues dans la construction, à 2,9%, ainsi que la hausse de 0,7 point de celle de sa filiale de services multi-techniques Equans, à 4,1%.
Pour la deuxième fois de l’année, Bouygues a d’ailleurs relevé son objectif de marge de ROCA pour Equans, désormais attendu à 4,3% cette année, contre 4,2% précédemment. Cette nouvelle cible pour 2025 est supérieure aux estimations de Kepler Cheuvreux, qui estime alors que la rentabilité d’Equans pourrait dépasser en 2027 le taux de 5% visé par les dirigeants.
Au niveau du groupe, Bouygues prévoit toujours pour 2025 un ROCA en légère croissance par rapport à 2024. Il a toutefois prévenu que son chiffre d’affaires ne suivrait finalement pas cette même trajectoire haussière. Cet indicateur est dorénavant attendu proche de son niveau atteint en 2024, en raison principalement d’effets de change défavorables.
Pour l’ensemble de l’exercice en cours, les sept analystes interrogés par Bouygues prévoient un chiffre d’affaires de 57,17 milliards d’euros et un ROCA de 2,63 milliards d’euros, au point médian, contre des montants respectifs de 56,75 milliards d’euros et 2,54 milliards d’euros affichés en 2024.
Un rendement du dividende élevé
La légère atténuation de l’ambition de Bouygues en matière de chiffre d’affaires pour cette année est aussi relativisée par le marché du fait de la réduction de l’endettement du groupe, relève Barclays. Au 30 septembre 2025, la dette nette s'établissait à 7,62 milliards d’euros, en baisse de 856 millions d’euros sur un an. Elle représentait 53% des fonds propres du groupe à fin septembre dernier, contre 61% un an auparavant.
Cette amélioration du bilan contribue d’ailleurs à renforcer la confiance des investisseurs dans le titre. Selon CIC Market Solutions, la valorisation boursière de Bouygues reste «attractive», par rapport à son objectif de cours «prudent» de 46 euros obtenu selon la méthode de la somme des parties, qui n’intègre pas une éventuelle consolidation du marché français des télécoms. En outre, le rendement du dividende à verser en 2026 est de 5,2% par rapport au cours de Bourse actuel, complète l’intermédiaire financier.
Toutefois, l'équilibre que Bouygues est parvenu à trouver entre discipline financière et ambition industrielle devient d’autant plus exigeant que l’action a déjà gagné près de 40% depuis le début de l’année. Le groupe devra désormais consolider cette dynamique pour convaincre qu’il dispose encore d’un véritable potentiel en Bourse.
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