Bouygues veut faire d’Equans la clé de voûte de sa rentabilité

Le conglomérat a détaillé dans une journée investisseurs ses ambitions à horizon 2027 pour cette nouvelle division, qui devient le premier métier du groupe.
Le conglomérat Bouygues, présent dans les médias, la construction et les télécoms
Le conglomérat Bouygues, présent dans les médias, la construction et les télécoms, a présenté des résultats annuels supérieurs aux attentes dans toutes les activités.  -  Photo Bouygues.

Bouygues entre dans une nouvelle ère. Un an et demi après son acquisition, sa filiale multiservices techniques Equans est devenue le premier métier du groupe tricolore. Et ce jeudi, le groupe dirigé par Olivier Roussat a plutôt réussi son examen de passage. Entre des comptes 2022 meilleurs qu’attendu et le détail de la feuille de route que Bouygues veut déployer pour Equans, les investisseurs ont accordé leur confiance avec une action en hausse de 2% à 32,02 euros, au plus haut depuis huit mois.

A son actif, le conglomérat présent dans les médias, la construction et les télécoms entame ce virage avec des résultats annuels satisfaisants, supérieurs aux attentes dans tous les segments. En 2022, son chiffre d’affaires total a progressé de 18% sur un an, à 44,32 milliards d’euros, pour un résultat net de 973 millions d’euros. Sa marge opérationnelle courante des activités (ROCA) s’est inscrite à 2,02 milliards d’euros l’an passé, pour une marge correspondante de 4,6% à fin 2022. Dans le seul secteur des télécoms, Bouygues Telecom est parvenu à dégager un ROCA en hausse de plus de 15% sur un an à 694 millions d’euros.

En toute logique, l’acquisition d’Equans a pesé sur sa dette, avec un endettement net de 7,44 milliards d’euros à fin 2022, contre 941 millions un an auparavant. En outre, le groupe entend bien garder ses activités dans les télécoms et l’audiovisuel stand alone. Il a eu le temps de digérer l’échec du projet de fusion avec M6, annoncé en septembre dernier, et n’a plus d’autres projets de rapprochement. « TF1 a la masse critique pour avancer seul », a indiqué jeudi matin Olivier Roussat, interrogé par la presse. De même, côté télécoms, « Bouygues Telecom a les moyens pour mener son Plan Ambition 2026 sans aller chercher un partenaire », a ajouté en substance le directeur général du groupe.

Coudées franches pour intégrer Equans

Le groupe a donc les coudées franches pour concentrer sa stratégie sur l’intégration de sa nouvelle division Equans. Le 4 octobre dernier, il avait bouclé l’acquisition de l’ex-filiale d’Engie spécialisée dans les services multi-techniques (ventilation, chauffage, protection incendie)pour un montant de 6,1 milliards d’euros en valeur d’entreprise - 6,5 milliards a près prise en compte de la dette nette de la société.

Bouygues a ainsi ajouté une nouvelle corde à son arc. Avec l’acquisition d’Equans, il fait pivoter son profil : « la part du chiffre d’affaires Energies et services passe désormais à 33%, contre 11% auparavant », a précisé Olivier Roussat jeudi matin. Equans devient en outre « le premier métier du groupe après son rapprochement avec Bouygues Énergies & Services », a indiqué le conglomérat dans un communiqué. Equans représente un chiffre d’affaires pro forma de 17,7 milliards d’euros en 2022 et compte 90.000 collaborateurs.

Son premier marché est la France, avec 35.500 salariés et 6,8 milliards d’euros de chiffre d’affaires, suivi par la Belgique et le Luxembourg (9.500 salariés et 2 milliards d’euros de chiffre d’affaires), les Etats-Unis et le Canada pesant eux aussi près de 2 milliards d’euros de chiffre d’affaires.

Rassurer sur la marge opérationnelle d’Equans

Mais il devra rassurer sur ce nouvel actif, alors que certains analystes étaient dubitatifs quant au prix payé, et à sa rentabilité assez limitée. De fait, avec une marge opérationnelle de 2,3% en 2022, la rentabilité d’Equans est deux fois inférieure à celle de son concurrent Spie (4,2% en 2021), un temps intéressé par son rachat.

Bouygues a d’ailleurs déroulé sa feuille de route lors d’une journée investisseurs dédiée à cette nouvelle filiale, jeudi après-midi. Avec un objectif : recentrer la société sur la création de valeur. Pour y parvenir, le groupe assure pouvoir doubler d’ici 2027 la marge opérationnelle (ROCA) d’Equans – un indicateur sensible - à 5% en 2027 contre 2,3% en 2022. Jérôme Stubler, président d’Equans, s’est dit « très confiant » dans cette perspective. Cela se fera par paliers progressifs: la marge est attendue à entre 2,5% et 3% en 2023, proche de 4% en 2025 et à 5% en 2027. Bouygues anticipe en outre une « légère croissance » de sa filiale sur 2023 et 2024. Bon point, Equans affiche une dette nette ramenée à 24 millions d’euros, contre 400 millions un an auparavant, s’est félicité Olivier Roussat.

La hausse de la marge doit provenir d’une gestion plus stricte couplée à la croissance des revenus, a indiqué Bouygues. Pour ce faire, le groupe se veut « plus exigeant sur la phase commerciale : nous vérifions la solvabilité des clients et des partenaires » et « le suivi du traitement des factures », a détaillé Etienne Jacolin, directeur financier d’Equans. Le sujet est d’importance, alors que 69% des contrats d’Equans en 2022 affichaient des montants unitaires inférieurs à 50.000 euros.

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