Le fonds norvégien veut moraliser les salaires des patrons
Le premier investisseur mondial dévoile pour la première fois des recommandations pour limiter l’envolée des salaires des dirigeants et ses effets pervers.
Publié le
Amélie Laurin
NBIM gère le fonds de pension souverain norvégien GPFG (Government Pension Fund Global).
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crédit NBIM.
Faire simple et clair. C’est le vœu formulé vendredi par le fonds de pension norvégien pour les rémunérations des grands patrons. Le premier fonds souverain mondial rejoint les critiques formulées le mois dernier par BlackRock, le numéro un de la gestion d’actifs qui a publié pour la première fois ses priorités en matière de gouvernance. Ses recommandations suivent aussi celles d’une commission de la chambre des Communes britannique qui a réclamé la semaine dernière la suppression des plans d’intéressement à long terme.
Alors que les rémunérations occupaient seulement une demi-page dans les consignes de vote de Norges Bank Investment Management (NBIM) en 2016, elles font cette fois l’objet d’un rapport étayé. Actionnaire d’environ 9.000 sociétés, le fonds souhaite que «la rémunération soit guidée par la création de valeur à long terme et aligne les intérêts du directeur général et des actionnaires». Pour cela, il préconise qu’une part «substantielle» de la rétribution soit accordée en actions bloquées pendant «au moins cinq, et de préférence dix ans», indépendamment d’une démission ou d’un départ à la retraite.
Deuxièmement, il juge que les conseils d’administration devraient adopter des pratiques «simples» et se passer, pour les actions allouées, des «critères complexes» et des «conditions de performance» qui «encouragent les comportements de court terme». Ensuite, la rémunération totale devrait être «transparente» et déterminée à l’avance, avec un «plafond» pour l’année à venir. Enfin, les plans de retraite devraient seulement constituer une «part mineure» du package global et les retraites chapeaux devraient être évitées.
NBIM est conscient que le rendement des actions n’est pas une jauge parfaite de la performance d’un patron, car des facteurs extérieurs peuvent influencer le cours de Bourse. Il reconnaît aussi que la course aux meilleurs talents exige des entreprises qu’elles offrent des salaires attractifs. Mais l’institution veut défendre ses intérêts d’actionnaire, en engageant un dialogue avec les sociétés durant la saison des AG. Elle se réserve le droit de fédérer d’autres investisseurs pour soumettre des motions, après avoir voté dans le passé contre la rémunération de certains dirigeants.
Le fonds norvégien a aussi appelé vendredi à une plus grande transparence dans la taxation des sociétés. Il souhaite que les profits soient imposés dans les pays où ils sont réalisés, mais reconnaît qu’il s’agit d’un vœu de long terme.
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