La concurrence reste l’obstacle majeur aux concentrations en Europe
Ceux qui espéraient le renforcement à Bruxelles d’une ligne favorable à la constitution de champions européens doivent déchanter.
La première grande décision de la Commissaire à la concurrence Margrethe Vestager a été de bloquer hier une fusion dans les télécoms britanniques qui aurait fait passer le nombre d’opérateurs de quatre à trois.
La Commissaire a considéré que la fusion de Three, propriété du groupe de Hong Kong Hutchison, et d’O2, filiale de Telefonica, serait dangereuse pour le consommateur britannique et le marché du mobile en général.
Que la décision concerne le domaine des télécoms est symbolique.
C’est l’un des secteurs où le besoin de consolidation se fait le plus sentir en Europe, y compris en France comme on l’a vu récemment.
La Commission avait déjà empêché une fusion au Danemark, là encore pour conserver 4 opérateurs.
Du coup, un autre projet de rapprochement en cours d’examen en Italie, concernant là encore Hutchison et VimpelCom, pourrait être menacé.
Plus généralement, cette décision envoie un signal fort aux grandes groupes européens, tous secteurs confondus, qui voient dans la consolidation en Europe le moyen de s’imposer sur la scène internationale.
Le consommateur conserve sa priorité sur les impératifs industriels.
Il faudra, pour le contester, chercher l’arbitrage de la Justice européenne, une hypothèse qu’Hutchison évoque dans sa réaction à la décision.
On peut d’ailleurs noter que le durcissement de la ligne concurrentielle n’est pas propre à l’Europe.
Le double veto récemment opposé aux Etats-Unis à la fusion de Halliburton et Baker Hugues dans les services pétroliers et de Staples et Home Depot dans les fournitures de bureau, participe de la même logique.
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