« La santé mentale va devenir un facteur de différenciation entre les entreprises et aussi un critère d’investissement »

Sycomore
Entretien entre Denis Panel, CEO de Sycomore AM, et Christophe André, psychiatre et auteur.

“Le sujet de la santé mentale en entreprise reste peu structuré, difficilement mesurable et insuffisamment intégré dans les décisions économiques. Et pourtant, ses impacts sont déjà là, puisque c’est la première cause d’arrêt maladie de longue durée » constate Denis Panel, CEO de Sycomore AM, en introduction de son entretien avec Christophe André, psychiatre et auteur. Un entretien réalisé dans le cadre du groupe de travail consacré à la santé mentale, piloté par Sycomore AM au sein du Think tank « 2030, Investir demain ».

Pour Christophe André « la santé mentale, c’est à la fois ne pas souffrir, ne pas avoir d’anxiété, de pessimisme excessif, d’inquiétude envahissante, mais c’est aussi pouvoir se sentir régulièrement bien, heureux, en lien avec les autres, ce que le psychiatre appelle l’élan vitale, l’envie de vivre et finalement l’absence de souffrance majeure, invalidante ».

En tant qu’investisseur, Denis Panel met l’accent sur la mesurabilité : « lorsqu’on analyse une entreprise, on a des indicateurs déclaratifs, des signaux indirects, mais pas de certitude solide » observe-t-il. « C’est très juste mais surtout au niveau individuel » répond Christophe André. Disposer d’un grand nombre de données permet de tirer des enseignements, d’identifier un phénomène, par exemple « lorsqu’on observe que près de 40 % des arrêts de travail longue durée sont dus à des problèmes psychologiques ». Il est ainsi convaincu qu’il « est possible d’évaluer » et que « les entreprises n’ont pas à avoir peur du sujet de la santé mentale, car il s’agit d’une ressource : si le bien-être de ses salariés n’est pas sa mission principale, c’est un outil pour l’aider à remplir sa mission principale ». C’est ainsi que « la santé mentale va devenir un facteur de performance, de différenciation entre les entreprises et aussi un critère d’investissement » en conclut Denis Panel.

Enfin, concernant le rôle des grands acteurs des réseaux sociaux, qui « cultivent l’addiction des consommateurs », Denis Panel et Christophe André s’accordent pour considérer que leur « responsabilité est totale », selon les mots de Christophe André. Un constat majeur, qui peut « changer notre grille de lecture de ces entreprises, qui ont un impact négatif sur la société. Nous devrions ainsi pouvoir leur demander de démontrer qu’elles n’impactent pas négativement les consommateurs » ajoute Denis Panel.

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