Heureux comme un grand patron britannique…
Le patronat britannique a beaucoup donné de la voix pour éviter le Brexit.
Cette mobilisation pourrait en partie s’expliquer par sa rémunération qui montre qu’il a profité comme aucun autre de l’ouverture du pays à l’Europe et au monde.
Selon une étude menée par l’école de commerce belge Vlerick, la rémunération des patrons des plus grands groupes cotés outre-Manche était, à la veille du référendum de juin, de quelque 4,7 millions de livres, soit à l’époque 6,2 millions d’euros par an.
C’était 50% de plus que celle de leurs homologues allemands, seconds du classement dont se faisait l’écho hier le Financial Times.
Même après la baisse de la livre survenue depuis, les patrons britanniques restent largement les mieux payés d’Europe.
Leur rémunération équivaut aujourd’hui à plus de 5,6 millions d’euros.
Sans surprise, l’étude qui porte sur 701 groupes européens, montre que leurs gains ont moins de rapport avec leurs performances qu’avec la taille de l’entreprise.
Plus gros le groupe, plus gros le salaire : telle est la loi, en Angleterre comme ailleurs.
De tels niveaux, qui résultent dans une large proportion de bonus et autres rémunérations variables, pourront-ils être maintenus dans un Royaume Uni détaché du continent ?
Telle est la question que se posent nombre de « fat cats », comme on désigne souvent les très hauts salaires en Angleterre, où la question n’est pas moins présente qu’en France dans le débat public.
Inutile d’ajouter que ceux-ci, qui gagnent parfois 120 le salaire moyen de leurs troupes, ne sont guère populaires.
Pour autant, le gouvernement hésite à donner aux actionnaires un pouvoir de veto salarial contraignant, au rebours de ce qu’a fait la France avec la loi Sapin 2.
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