Google va pouvoir garder Chrome et évite le démantèlement
Google n’aura pas à vendre son navigateur Chrome, a déclaré mardi un juge de Washington. Il s’agit d’une rare victoire pour le géant de la tech dans sa bataille contre les autorités antitrust américaines même si la décision lui impose de partager des données avec ses concurrents dans le secteur de la recherche en ligne.
En réaction à cette annonce, le titre Alphabet, maison mère de Google, progressait de 8% mercredi après-midi. La décision du juge permet également à Google de continuer à payer Apple pour l’utilisation de son moteur de recherche. Son action en profitait pour grimper également de 3,3%.
Le juge de district américain Amit Mehta a également statué que Google pouvait conserver son système d’exploitation Android, qui, avec Chrome, contribue à sa domination sur le marché de la publicité en ligne.
Cette décision est l’aboutissement d’une bataille juridique de cinq ans entre l’une des entreprises les plus rentables au monde et les États-Unis, où les autorités antitrust et les législateurs remettent depuis longtemps en question la domination du marché par les géants de la tech. Amit Mehta a statué l’année dernière que Google détenait un monopole illégal sur la recherche en ligne et la publicité associée.
L’IA en toile de fond
Mais le juge a abordé la tâche d’imposer des mesures correctives à Google avec «humilité», a-t-il écrit, soulignant la concurrence créée par les entreprises d’intelligence artificielle depuis le début de l’affaire. «On demande ici au tribunal de se projeter dans l’avenir. Ce n’est pas vraiment le fort d’un juge», a-t-il estimé.
Si le partage de données renforcera les concurrents de Google dans le secteur publicitaire, le fait de ne pas avoir à vendre Chrome ou Android dissipe une importante préoccupation pour les investisseurs qui les considèrent comme des éléments clés de l’activité globale de l’entreprise.
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Google est confronté à une menace majeure liée à la popularité croissante des outils d’IA, notamment le chatbot ChatGPT d’OpenAI, qui érodent déjà sa domination. Si elles étaient autorisées à accéder aux données que Google est tenu de partager, les entreprises d’IA pourraient accélérer le développement de chatbots et, dans certains cas, de moteurs de recherche et de navigateurs web IA.
«L’argent qui afflue dans ce secteur, et la rapidité avec laquelle il est arrivé, sont stupéfiants», a écrit Amit Mehta, affirmant que les entreprises d’intelligence artificielle sont déjà mieux placées pour concurrencer Google que n’importe quel autre développeur de moteurs de recherche depuis des décennies.
Google va faire appel
Deepak Mathivanan, analyste chez Cantor Fitzgerald, estime de son côté que les exigences de partage de données représentent un risque concurrentiel pour Google, mais pas immédiatement. «Il faudra plus de temps aux consommateurs pour adopter ces nouvelles expériences», a-t-il ajouté.
Les autorités antitrust américaines réfléchissent à la suite des événements, a déclaré la procureure générale adjointe Gail Slater sur X.
Google a de son côté indiqué dans un article de blog craindre que le partage de données «n’ait un impact sur nos utilisateurs et leur vie privée, et nous examinons la décision de près».
Google a déjà annoncé son intention de faire appel, ce qui signifie qu’il pourrait falloir des années avant que l’entreprise soit tenue de se conformer à la décision. L’affaire devrait aboutir devant la Cour suprême.
«Le juge Amit Mehta est conscient que la Cour suprême est probablement la destination finale de l’affaire, et il a choisi des recours qui ont de bonnes chances d'être acceptés par la Cour», a estimé William Kovacic, directeur du centre de droit de la concurrence de l’Université George Washington.
(Avec Reuters)
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