Face aux critiques, TotalEnergies poursuit sa stratégie
Le géant du pétrole TotalEnergies ne quitte pas le haut de l’affiche. Souvent à son corps défendant. Les échauffourées autour de son assemblée générale, organisée salle Pleyel, avaient déjà largement alimenté la chronique le 26 mai. Quatre jours plus tard, le groupe de Patrick Pouyanné était convoqué quelques kilomètres plus loin, au tribunal de Paris, pour répondre d’une accusation d’«inaction climatique» portée par plusieurs ONG et collectivités, dont les Villes de Paris et de New York. La coalition demande aux juges d’obliger le pétrolier à aligner sa stratégie sur l’Accord de Paris sur le climat.
Si, comme l’indique l’AFP, aucune décision judiciaire n’est attendue avant 2024, voire 2025, les plaignants misent sur une mesure provisoire exceptionnelle qui viserait à empêcher TotalEnergies d’investir dans de nouveaux projets pétroliers ou gaziers d’ici au jugement final.
Un nouveau combat judiciaire, après celui gagné par le pétrolier contre des associations en février dernier, qui ne semble pas le perturber outre mesure. Le groupe n’a pas communiqué sur le sujet cette semaine. Il a en revanche annoncé plusieurs développements parfaitement en ligne avec sa stratégie de long terme de développement des énergies «vertes» et des hydrocarbures.
Du pétrole au Nigeria, des batteries en France
TotalEnergies s’est ainsi félicité lundi du renouvellement pour vingt ans d’une licence sur un bloc situé au large du Nigeria, produisant plus de 280.000 barils équivalent pétrole par jour et dont il détient 24%. Deux jours plus tard, l’énergéticien dévoilait, à l’inverse, un partenariat dans l’hydrogène vert et le gaz de synthèse. En association avec l’américain Tree Energy Solutions (TES), le français réfléchit à la construction d’une unité de production de 100.000 à 200.000 tonnes d’e-gaz, obtenu à partir d’hydrogène renouvelable et de CO2 issu des végétaux. TotalEnergies fournira notamment l’énergie éolienne et solaire nécessaire à la fabrication de l’hydrogène vert. Une décision finale d’investissement pourrait être prise en 2024. Le projet sera détenu à parts égales par les deux acteurs et opéré par le pétrolier.
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Les activités de TotalEnergies en lien avec la transition énergétique ont aussi été mises en lumière en ce début de semaine à l’occasion de l’inauguration en grande pompe de la gigafactory de batteries de Douvrin par la société ACC, dont il est coactionnaire aux côtés de Stellantis et Mercedes-Benz. En 2023, le groupe prévoit d’investir 5 milliards de dollars dans les énergies bas carbone. Ce chiffre important, qui ne représente toutefois qu’environ un tiers de l’enveloppe globale d’investissement du pétrolier, devrait continuer à grossir au cours des prochaines années. Sous la pression des activistes climatiques ? Celle-ci ne semble en tout cas pas près de faiblir, y compris parmi les actionnaires de l’entreprise.◆
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