Engie solde dans la douleur une nouvelle année noire
Jour J pour Engie et sa gouvernance, Gérard Mestrallet et Isabelle Kocher.
Après avoir beaucoup cherché la bonne stratégie au prix d’orages et de tensions internes, le temps est venu pour le tandem de livrer ses résultats au verdict du marché.
Celui-ci attend une nouvelle année noire, presqu’aussi douloureuse que 2013.
Le consensus anticipe 7 milliards de pertes, pour cause de nouvelles dépréciations d’actifs proches de 10 milliards d’euros. Celles-ci s’ajouteraient au 18 milliards déjà passées depuis 2011 !
Un plan de cessions d’actifs est encore attendu, pour quelque 11 milliards selon JPMorgan.
Il achèverait de sonner le glas d’une période d’expansion coûteuse, impulsée il est vrai dans un autre contexte énergétique.
L’heure est à une stratégie tournée vers la production d’énergie décentralisée, vers davantage de renouvelable et encore plus de services.
Ce qui convaincra les investisseurs sera la capacité future du groupe à générer des cash-flows couvrant, sans recours à l’endettement, le financement des investissements et du dividende promis de 1 euro minimum, soit 2,8 milliard d’euros.
Ce qu’ils regarderont aussi, c’est le fonctionnement de la gouvernance, tout comme les salariés, inquiets de ses tiraillements.
La reconduction in extremis jusqu’en 2018 de Gérard Mestrallet à la présidence, grâce à l’appui de Bercy, devra être gérée avec la patronne opérationnelle Isabelle Kocher.
Le meilleur moyen de prolonger le purgatoire boursier serait une zizanie à la tête du groupe.
Après une chute de 50% en cinq ans du cours d’Engie, certes moins rude que celle d’EDF ou d’E.ON mais supérieure d’un tiers à son indice européen de référence, il est temps que sonne en bourse l’heure du renouveau.
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