Atos reçoit une offre de 500 millions d’euros de l’Etat pour son activité Advanced Computing
Le groupe de services informatiques en difficulté Atos a annoncé lundi avoir reçu une offre non engageante de l’Etat français portant sur l’acquisition de ses activités Advanced Computing pour une valeur d’entreprise de 500 millions d’euros.
Le montant de l’acquisition pourrait être porté «jusqu'à 625 millions d’euros en incluant des compléments de prix», a indiqué Atos dans un communiqué.
«Les activités Advanced Computing d’Atos regroupent les divisions High-Performance Computing (HPC) & Quantum ainsi que les divisions Business Computing & Artificial intelligence», a précisé le groupe.
Ces activités «emploient actuellement environ 2.500 salariés et ont généré un chiffre d’affaires d’environ 570 millions d’euros en 2023", a ajouté Atos.
L’Etat français bénéficie d’une exclusivité accordée jusqu’au 31 mai 2025 et l’objectif est de signer un contrat de cession d’actions engageant d’ici cette date, a indiqué Atos. Une telle signature déclencherait un paiement initial de 150 millions d’euros.
A lire aussi : Atos, encore dans le flou sur ses cessions, entame une nouvelle ère avec Philippe Salle
«L’ouverture des discussions exclusives entre l’Etat et Atos constitue une première étape cruciale, non seulement pour le redressement et la restructuration du groupe mais aussi pour la sécurisation de l’activité stratégique des supercalculateurs», a commenté le ministre de l’Economie, des Finances et de l’Industrie, Antoine Armand, cité dans un communiqué de Bercy.
«L’acceptation par Atos de cette offre permet d’ouvrir une phase d’audit approfondi dont l’objectif est d’aboutir dans les prochains mois à un contrat d’acquisition, qui devra être validé par la juridiction compétente dans le cadre du plan de sauvegarde en cours», a indiqué le ministère.
Périmètre réduit
La nouvelle offre de l’Etat français ne comporte plus les activités Cybersecurity Products et Mission Critical Systems, qui feraient l’objet d’un processus de cession organisée, a précisé Atos. «Leur cession sera menée par Atos dans le cadre d’un processus distinct et sur la base d’une liste d’acquéreurs possibles agréés par l’Etat», a précisé Bercy.
La précédente offre non engageante de l’Etat français avait expiré le 4 octobre, sans que les parties ne soient parvenues à un accord. En juin, l’Etat avait fait une offre portant sur une valeur d’entreprise globale de 700 millions d’euros pour les activités d’Advanced Computing, de Mission-Critical Systems et de Cybersecurity Products de la division Big Data & Cybersécurité (BDS) d’Atos. Ce montant représentait la borne basse de la fourchette indicative évoquée par Bercy dans une lettre d’intention envoyée en avril et qui chiffrait la valeur d’entreprise maximale de ces activités à 1 milliard d’euros.
Pour les analystes d’Invest Securities, il n’est «pas sûr que cette vente à la découpe de BDS ne permette de récupérer bien davantage» que ce qu’avait initialement proposé l’Etat.
Les prévisions présentées dans le plan de sauvegarde accélérée du groupe, arrêté par le tribunal de commerce spécialisé de Nanterre fin octobre, «ne prenaient cependant pas en compte cette cession». Atos prévoit ainsi de déposer un supplément au prospectus relatif à l’augmentation de capital en cours.
«Sur la base d’une valeur d’entreprise de 500 millions d’euros, l’opération envisagée devrait conduire à un levier financier [ratio dette nette sur excédent brut d’exploitation (Ebitda), ndlr] pour 2027 compris entre 1,8 fois et 2,1 fois, en fonction du résultat de l’augmentation de capital», a indiqué Atos. Le prospectus concernant l’opération évoquait un levier financier d’environ 2 fois d’ici la fin de l’année 2027.
La période de souscription de l’augmentation de capital, «qui devait se clôturer le 25 novembre 2024, sera prolongée, conformément au calendrier indicatif qui sera inclus dans le supplément», a précisé Atos.
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