Un bond des commandes à l’industrie en trompe l’œil en Allemagne
Les commandes à l’industrie en Allemagne ont augmenté plus que prévu en juin, en raison de contrats d’envergure, principalement dans le secteur aérien. Elles ont bondi de 7%, en données corrigées des variations saisonnières et calendaires, par rapport au mois précédent, a annoncé l’Office fédéral de la statistique vendredi. Il s’agit de la hausse la plus élevée depuis trois ans et le rebond qui avait suivi la chute du début de la pandémie de Covid. Un sondage Reuters auprès des économistes anticipait une baisse de 2%.
En mai, les commandes avaient déjà progressé de 6,2% en rythme mensuel, également soutenues par de grosses commandes, cette fois de trains, d’engins et de matériel militaire. Avec la hausse de juin, l’industrie allemande rattrape la chute des commandes en mars (-10,9%). Celles-ci sont désormais à leur niveau le plus élevé depuis février 2022 avant le déclenchement de la guerre en Ukraine. «Cependant, cette augmentation est principalement due à une grosse commande pour Airbus, qui a fait grimper les commandes d’avions et d’engins spatiaux de plus de 180 % d’un mois à l’autre, relève Stefan Schilbe, chef économiste Allemagne chez HSBC. Cela a poussé la demande de la zone euro à la hausse de 27,2 % et le total des commandes étrangères de 13,5 %.»
En excluant cela, les commandes industrielles auraient baissé de 2,6% en juin. L’économiste de HSBC note que la demande en Allemagne s’est encore dégradée, en recul de 2% sur le mois.
Tableau trop optimiste
Les commandes de juin dressent «un tableau trop optimiste de la demande étrangère, ce qui est véritablement en contradiction avec les sombres perspectives mondiales du secteur manufacturier alors que pour le onzième mois consécutif, l’indice PMI de production mondiale est resté en territoire inférieur à 50 en juillet», poursuit ce dernier. Et la composante des commandes du PMI manufacturier allemand est tombée profondément en territoire de contraction en juillet, ce qui est la plus faible publication depuis la pandémie. Les carnets de commandes sont même tombés à leur niveau le plus faible depuis la crise financière mondiale. «Ce n’est pas de bon augure pour la production future», affirme Stefan Schilbe qui rappelle que l’expérience passée, notamment en 2021, montre que le soutien des grosses commandes ne dure pas dans le temps.
En comparaison trimestrielle, moins volatile, les nouvelles commandes ont augmenté de 0,2% au deuxième trimestre par rapport au trimestre précédent.
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