Moscou et Riyad affichent un front uni sur le pétrole
La détermination des deux premiers producteurs mondiaux a rassuré les marchés sur une extension de l’accord de réduction de la production, sans lever tous les doutes sur son efficacité.
Publié le
Bastien Bouchaud
Une baisse significative des stocks de brut aux Etats-Unis a eu lieu la semaine passée.
-
Photo Statoil/Ole Jørgen Bratland
Après avoir connu un trou d’air il y a dix jours, le pétrole bénéficie de vents favorables. L’unité affichée hier par la Russie et l’Arabie Saoudite pour pousser à une extension de l’accord de réduction de la production jusqu’en mars 2018 - quelques jours après une baisse significative des stocks de brut aux Etats-Unis - a permis aux prix de rebondir. Le baril de Brent s’est adjugé 1,30 dollar à 52,14 dollars (47,52 euros), en hausse de 2,56% sur la journée, alors que le brut léger américain (WTI) terminait en hausse de 2,82% à 49,19 dollars.
«Il y a eu une baisse marquée des stocks, mais nous ne sommes pas encore arrivés à la moyenne des cinq dernières années», a déclaré le ministre saoudien de l’Energie, Khalid al-Falih, lors d’une intervention réalisée en compagnie de son homologue russe, Alexander Novak, en Chine. Dans un communiqué commun, les deux ministres se sont engagés à «faire tout ce qu’il faut» pour réduire les stocks. D’après le dernier rapport de l’Opep publié la semaine dernière, les stocks de brut mondiaux ont très légèrement augmenté au premier trimestre pour dépasser les 3 milliards de barils, 276 millions de barils au-dessus de leur moyenne sur cinq ans.
«C’est un peu le «moment BCE» de l’Opep», réagit Michael Hsueh, analyste chez Deutsche Bank, en référence aux mots prononcés par Mario Draghi pour rassurer les marchés au plus fort de la crise de l’euro. «Cette annonce a réduit le niveau d’incertitudes autour de la prochaine réunion de l’Opep, explique-t-il. L’effet a été d’autant plus positif sur les marchés que l’engagement porte sur neuf mois et non six.»
Une confirmation d’une prolongation de l’accord de réduction de la production lors de la réunion de l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep) prévue le 25 mai prochain à Vienne en compagnie de pays non membres du cartel fait désormais figure de scénario central. L’accord, en vigueur depuis le 1er janvier pour six mois, prévoit une réduction de la production de l’Opep de 1,2 million de barils par jour (bpj) et de 600.000 bpj pour les pays associés hors du cartel, dont la Russie.
Une extension permettrait un recul lent mais régulier des stocks au cours des prochains mois, estime Michael Hsueh. Mais l’incertitude sur la capacité réelle des producteurs de pétrole de schiste américains à augmenter leur production devrait continuer à maintenir les prix sous pression.
Portés par l’espoir d’un accord entre les Etats-Unis et l’Iran et le regain d’euphorie sur l’IA, les marchés actions sont au plus haut, tandis que la réduction des craintes de stagflation a soutenu les marchés de taux. Le pétrole a chuté de près de 20%.
Le PDG du pétrolier, Patrick Pouyanné, s’attend à ce que le prix du baril demeure durablement élevé en raison de cette crise qui devrait en outre inciter les Etats à renforcer leurs capacités en matière d'énergies renouvelables. Un domaine où le groupe français est également actif, contrairement à la plupart de ses pairs.
Le cours du Brent poursuit son repli vendredi et pourrait terminer la semaine sur une baisse supérieure à 10% alors que la perspective d’une amélioration de la situation au Moyen-Orient prend de l’épaisseur.
Le fonds coté multi-actifs géré activement vise à offrir une diversification du capital à long terme, au-delà des actions et obligations traditionnelles.
Depuis une dizaine d’années, une « mission cinéma » suscite et accompagne des productions audiovisuelles prenant le monde militaire pour cadre principal
Recevant le « prix du courage politique », l’ancien patron de la Fed s'est érigé en vigie de l'indépendance de la Réserve fédérale, désormais présidée par un financier jugé proche de Donald Trump.