L’inflation américaine fait baisser les taux et monter les actions
Les prix ont plus ralenti que prévu en mai aux Etats-Unis. La probabilité de voir la Fed durcir sa politique monétaire diminue à court comme à moyen terme.
Wall Street a ouvert en hausse après la publication des chiffres de l'inflation américaine
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Le ralentissement est encore plus marqué que prévu. L’indice des prix à la consommation américain (CPI) a progressé de seulement 4% en mai, après 4,9% en avril, et les économistes interrogés par Reuters anticipaient +4,1%. Sur un mois, l’inflation ressort à 0,1% après 0,4% le mois précédent et 0,2% attendu.
Si l’on exclut les éléments volatils comme les produits alimentaires et l'énergie, l’inflation dite de base («core CPI») est ressortie en hausse de 0,4% en mai sur un mois, tandis que sur un an sa progression revient à 5,3%, en ligne avec les estimations des économistes interrogés par Reuters.
«Les données sur l’inflation CPI ont montré clairement que la Fed doit maintenant prendre un congé estival en ce qui concerne sa politique monétaire», observe Naeem Aslam, responsable des investissements chez Zaye Capital Markets.
Probabilité de 98%
La probabilité de voir la banque centrale américaine augmenter ses taux lors de sa réunion du 14 juin s’est effondrée 20,9% hier à 1,2% ce mardi peu après 15h, selon l’outil FedWatch de CME Group. La cote du statu quo s’établit désormais à plus de 98%. Même à plus long terme, la probabilité de voir la Fed relever ses taux perd en consistance. Un maintien au niveau actuel lors de la réunion de juillet affiche une probabilité de 36%, dix points de plus que la veille. L’évolution est similaire pour septembre.
Une augmentation de 25 points de base (pb) le mois prochain reste le scénario privilégié par le marché, à hauteur de 60% (stable par rapport au 12 juin), mais la probabilité d’une hausse de 50 pb est désormais négligeable (3,6% contre 14%).
Dans ce contexte, le rendement de l’obligation souveraine américaine à 10 ans reculait de 5 pb, à 3,71% mardi vers 15h30. Le taux à 2 ans perdait 7 pb. Proches de l’équilibre en milieu de journée, les marchés européens ont accéléré leur hausse en début d’après-midi. L’Euro Stoxx 50 gagnait 0,5% et le CAC 40 avançait de 0,45%.
Wall Street a ouvert dans le vert. En début de séance, le S&P 500 grimpait de 0,5% et le Nasdaq Composite de 0,7%.
Au Moyen-Orient, en Asie centrale et dans le Caucase, la politique monétaire est devenue plus efficace au fur et à mesure que les banques centrales consolidaient leur indépendance. Un constat dressé par le FMI qui propose aussi quelques pistes de renforcement.
L’inflation HICP a augmenté de 3% à 3,2% sur un an en mai, à cause d’effets de base liés aux prix de l’énergie, mais sans pratiquement bouger sur un mois. Sur la période, les prix de l’énergie ont même reculé de 1,1%.
Les banques européennes n’ont pas forcément beaucoup resserré leurs conditions de crédit, les prêts au secteur privé ayant continué à progresser à un bon rythme en avril. En revanche, les agrégats monétaires comme M3 ont vu leur rythme de croissance fortement ralenti pour des raisons techniques comme les transferts des dépôts vers de l’épargne longue.
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