Le coronavirus gèle le marché primaire de la dette en euro
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Xavier Diaz
Refinancements obligataires en euros nombreux et favorables
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DR/Pixabay
Le coronavirus a eu raison de l’euphorie du marché primaire corporate euro. Les craintes grandissantes sur la croissance mondiale ont provoqué une brusque hausse de la volatilité sur les marchés ces derniers jours et des primes de risque sur les obligations. Un environnement peu propice aux émissions obligataires.
Les indices de crédit high yield se sont de nouveau écartés (comme ils l’avaient fait au moment de l’annonce des premiers cas de coronavirus en Chine). Le spread de l’indice Bloomberg Barclays Euro High Yield augmente de près de 30 points de base (pb) à 332 pb. Le spread de l’investment grade reste en revanche quasi stable, en hausse de 3 pb, à 92 pb.
Résultat, une seule émission depuis jeudi dernier sur le segment corporate, celle de Paccar. Le constructeur américain de camions a placé 300 millions d’euros d’obligations à 3 ans, son émission inaugurale sur ce marché. La demande a dépassé deux fois l’offre, avec une forte réduction du spread à l’émission à 27 pb au-dessus des midswaps.
Hier, sur le segment des financières,l’émission de dette subordonnée AT1 d’ING n’a pas rencontré le même accueil puisque la banque néerlandaise a été contrainte de revoir en hausse le spread de 25 pb proposé à l’émission.
Alors que l’agence Fitch devrait «seulement» abaisser sa perspective de notation de stable à négative vendredi, plusieurs rapports d’économistes publiés cet été confirment que la trajectoire de la dette française et surtout de la charge d’intérêts est très inquiétante.
A deux jours du Symposium de Jackon Hole, le directeur Stratégie et marchés internationaux chez Natixis IM, également enseignant en économétrie aux Universités Paris Dauphine et Panthéon Sorbonne revient sur les nouvelles pistes de stratégie monétaire lancées par le président de la Réserve fédérale.
Les banques européennes ont constitué le secteur le plus actif sur le marché primaire du crédit en août, avec 43 émissions en euros (hors banques publiques) pour près de 32 milliards en moins d’un mois. Certains craignent une indigestion des investisseurs, mais les besoins de financement pour le second semestre sont limités, et les spreads globalement stables malgré le contexte.
Sur le réseau social X, le ministre des Comptes publics, David Amiel, a assuré que les Français "peuvent continuer à investir, comme aujourd'hui, dans les indices les plus diversifiés".
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