Le plan stratégique de la Société Générale fait la part belle à la réduction des coûts et à la croissance
- La Société Générale présente son nouveau plan stratégique à l’horizon 2029 axé sur la baisse des coûts et la croissance.
- Le groupe prévoit de ramener ses dépenses sous la barre des 16,3 milliards d’euros, soit une baisse d’environ 2 %.
- La banque pourrait distribuer jusqu'à 21 milliards d’euros aux actionnaires et vise 14 millions de clients pour BoursoBank.
La Société Générale a dévoilé lundi les grandes lignes de son nouveau plan stratégique à horizon 2029, où elle met notamment l’accent sur la poursuite de la réduction des coûts et sur l’accélération de sa «croissance maîtrisée», avec pour objectif une nouvelle amélioration de sa rentabilité.
Sur le premier volet, la base de coûts de la banque est attendue en deçà de 16,3 milliards d’euros en 2029, soit une baisse d’environ 2%, en valeur absolue, comparée au niveau anticipé pour cette année. Le coefficient d’exploitation, soit les coûts rapportés aux revenus, devrait tomber sous 55% en 2029, contre moins de 60% ciblé cette année.
Ces mesures de réduction de coûts s’appuieront notamment sur trois axes : une baisse des achats et prestations externes hors informatique pour un montant d’environ 0,4 milliard d’euros, une réduction de dépenses d’informatique d’environ 0,5 milliard d’euros et une baisse attendue du nombre de salariés par attrition naturelle. «L’accélération progressive et responsable du déploiement de l’intelligence artificielle» sera l’un des leviers de la réalisation d’économies.
Côté revenus, la Société Générale prévoit une accélération de sa croissance annuelle moyenne, à 3% entre 2026 et 2029 en concentrant ses investissements sur les activités offrant les meilleurs rendements ajustés du risque et la plus forte création de valeur. La banque vise une croissance de 2% de ses revenus cette année.
En réaction à ces annonces globalement conformes aux attentes des analystes, le titre Société Générale grimpait de plus de 1% lundi après-midi à la Bourse de Paris après avoir gagné jusqu'à 4,7% dans la matinée. «Le plan stratégique de la Société Générale conserve les ingrédients que nous attendions, combinant croissance sélective, réduction absolue des coûts, transformation des activités et stricte discipline en matière de risques», apprécient les analystes de Bank of America qui estiment que cela pourrait pousser le consensus à relever ses attentes en matière de bénéfice par action d’environ 5%. Ils jugent en outre que les objectifs de réduction de coûts et de croissance «laissent une marge de manœuvre pour de futures révisions à la hausse».
BoursoBank vise plus de 14 millions de clients à fin 2029
Comme autre volet principal de ce plan stratégique, le groupe compte amplifier la transformation de ses métiers. «En s’appuyant sur un dispositif unique et davantage intégré en France, le groupe entend accélérer le développement de la banque de détail en France, de la banque privée et des assurances», explique-t-elle.
La Société Générale entend accélérer la croissance de BoursoBank, qui a pour objectif plus de 14 millions de clients à fin 2029 contre 9,1 millions à la fin du deuxième trimestre 2026. Elle va par ailleurs poursuivre «la baisse des frais généraux avec la rationalisation ciblée du nombre d’agences et des fonctions centrales du réseau SG», précise-t-elle dans un communiqué. La banque vise pour 2029 environ 115 milliards d’euros d’actifs administrés pour Boursobank, environ 180 milliards d’euros d’actifs sous gestion pour la banque privée et environ 205 milliards d’euros d’encours d’assurance vie épargne.
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Au sein de son pôle grande clientèle et solutions investisseurs (banque de financement et d’investissement), le groupe bancaire prévoit une croissance annuelle moyenne des revenus comprise entre 3% et 5% dans les activités de financement et conseil sur la période 2026 à 2029 et une fourchette de revenus comprise entre 6 et 6,5 milliards d’euros dans les activités de marché.
Quatrième volet principal de ce plan, l’établissement bancaire compte poursuivre une gestion rigoureuse des risques. Le coût du risque, un indicateur des mauvaises créances, est ainsi anticipé dans une fourchette cible de 25 à 30 points de base des encours de crédit entre 2026 et 2029.
«Aujourd’hui, nous ouvrons une nouvelle étape. Notre ambition est claire : accélérer notre croissance rentable et maintenir une discipline rigoureuse en matière de risques et de coûts. C’est cela qui nous permettra de dégager une rentabilité durablement élevée, d’offrir de nouvelles perspectives à nos équipes, de disposer d’une capacité accrue pour soutenir le développement de nos clients ainsi que d’offrir un retour attractif à nos actionnaires», a déclaré Slawomir Krupa, directeur général du groupe cité dans un communiqué.
Jusqu'à 21 milliards d’euros
Au total, ce plan stratégique doit permettre à la banque d’afficher une rentabilité des fonds propres tangibles (ROTE) comprise entre 13% et 14% en 2029, ce qui se compare avec un objectif d’« environ 11% » pour 2026. A partir de 2030, le ROTE est anticipé à plus de 15%. Le ratio de solvabilité CET1 (common equity tier 1) est, lui, attendu supérieur à 13% à horizon 2029, comme cette année.
Forte de ces perspectives, la Société Générale a maintenu son objectif d’un taux de distribution de 50% du résultat net. Cette distribution est répartie de manière équilibrée entre le versement d’un dividende en numéraire et un rachat d’actions.
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«Cette politique de distribution ordinaire est attendue supérieure à 13 milliards d’euros sur la période 2026-2029 et se traduira par une croissance annuelle moyenne entre 10% et 15% du dividende sur la période 2026-2029», précise la banque.
Cette dernière envisage par ailleurs une distribution du capital excédentaire au-delà du ratio de solvabilité CET1 de 13% et indique que les communications sur la gestion de ce capital excédentaire auront lieu une fois par an lors de la publication des résultats du deuxième trimestre.
«Dans le cas où tout cet excédent serait amené à être distribué, la distribution pourrait atteindre environ 8 milliards d’euros sur la période 2026-2029», explique la Société Générale. La somme de ces deux composantes pourrait ainsi dépasser 21 milliards d’euros sur la période.
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