La coûteuse ardoise de la frilosité des épargnants français

Selon une étude de J.P. Morgan AM, les ménages français se privent d’un levier boursier pour valoriser leur patrimoine. Un manque à gagner que le gestionnaire d’actifs américain estime à 394 milliards d’euros sur les six dernières années.
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  • L’excès de prudence des ménages français sur les marchés financiers engendre pour eux un manque à gagner colossal.
  • Le gestionnaire J.P. Morgan Asset Management estime cette perte de valorisation à 394 milliards d’euros depuis 2020.
  • La peur de perdre de l’argent et le manque de culture financière freinent l’investissement dans les actions mondiales.

L’excès de prudence des Français sur les marchés financiers leur coûte cher. Ce coût ou plutôt ce manque à gagner, J.P. Morgan Asset Management (JP Morgan AM) l’estime dans son dernier sondage «De l’épargnant à l’investisseur : une opportunité pour la France», à près de 400 milliards d’euros depuis 2020. Le gestionnaire d’actifs part du postulat que sur les six dernières années, les ménages français ont placé 475 milliards d’euros sur des livrets réglementés, livrets d’épargne et autres placements, mais que cette même somme, sur les marchés actions mondiaux, aurait bénéficié des performances significatives des marchés boursiers pour atteindre aujourd’hui 921 milliards d’euros. Placés sur un Livret A, ils atteignent 527 milliards d’euros, soit une différence de valorisation de 394 milliards d’euros sur la période.

«L’effet de l’inflation accentue également l’écart entre rendement nominal et progression réelle du pouvoir d’achat», souligne l’étude. Elle montre ainsi que 100 euros placés sur un Livret A début 2020 auraient atteint 111 euros en valeur nominale à fin 2025, mais seulement 96 euros une fois l’inflation prise en compte. Investis sur les marchés actions internationaux, ces mêmes 100 euros auraient atteint 194 euros en valeur nominale et 168 euros en termes réels sur la même période.

Une habitude quasi culturelle

C’est connu, les Français sont des épargnants assidus. Le taux d’épargne en France n’a toujours pas baissé et se maintient depuis plusieurs années maintenant autour de 18% du revenu disponible. Mais entre l’épargne et l’investissement, il y a une différence.

Près d’un tiers des personnes interrogées ont cité la peur de perdre de l’argent comme principal frein à l’investissement en actions. Une crainte qui est souvent reliée à une méconnaissance du secteur ou encore un manque d’éducation financière, selon les professionnels. Mais le phénomène est bien plus ancré puisqu’il concerne aussi les plus gros patrimoines. Une récente étude de Rexecode sur un sujet identique montre que même les 10% des ménages les plus aisés consacrent seulement 27% de leur épargne financière aux actions.

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Ces réflexes d’investissement sont particulièrement pénalisants lorsqu’il s’agit de la retraite et de son horizon de placement à deux chiffres grâce auquel la prise de risque est étalée dans le temps, période durant laquelle la magie des intérêts composés peut effectuer son travail. «Malgré la progression des unités de compte ces dernières années, les fonds en euros à capital garanti représentent encore 72% des encours d’assurance-vie. Leur rendement moyen s’est établi autour de 2,5% ces dernières années. (…)», rappelle l'étude. A contrario, les marchés actions mondiaux ont affiché des performances annuelles à deux chiffres sur la période. Et en cumulé, les sommes investies ont quasi doublé.

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