L’automne rafraîchit l’atmosphère du côté des banques centrales. De l’envolée des prix du gaz à la pénurie de chauffeurs routiers outre-Manche, le doute s’installe et remet en question le caractère temporaire de la poussée d’inflation, thèse qui cet été ralliait encore à elle la majorité des suffrages. Le temps est-il enfin venu de retirer les mesures de soutien exceptionnelles mises en œuvre au plus fort de la pandémie, et même avant ?
Alors que seule une poignée d’institutions monétaires des pays émergents avaient engagé un retour à la normale, la Banque de Norvège a déjà répondu par l’affirmative. Elle est la première à le faire sous ces latitudes, mais joue encore dans la catégorie des devises exotiques. Le changement de ton est plus marquant aux Etats-Unis et au Royaume-Uni. La Réserve fédérale américaine laisse entendre qu’elle commencera à réduire son programme de rachats d’actifs, le fameux tapering, à compter de novembre, et à un rythme qui pourrait être soutenu. Mais ce sont surtout les comptes-rendus de la dernière réunion de politique monétaire de la Banque d’Angleterre, le 23 septembre, qui ont marqué les esprits. Divisée en son sein sur la marche à suivre, la vieille dame de Threadneedle Street n’écarte plus l’idée d’une hausse des taux au premier semestre de l’année prochaine, avant même que ne s’éteigne son programme d’assouplissement quantitatif.
Après treize ans de politiques monétaires non conventionnelles, il va sans dire qu’une telle inflexion emporterait des conséquences majeures pour l’économie et les marchés financiers. Or les prochains mois n’autoriseront pas les expérimentations hasardeuses. En zone euro, où la dynamique de l’emploi et des prix reste plus molle qu’aux Etats-Unis, un simple retour à la situation économique de l’avant-Covid ne suffirait pas à donner aux banquiers centraux le sentiment du devoir accompli. Le ralentissement chinois, lui, est en marche, sur fond de crise immobilière, et promet au pays et à ses partenaires un millésime 2022 peu gouleyant. La politique budgétaire se fera enfin plus restrictive : Londres ouvre déjà la voie.
Les investisseurs ont déjà connu cet étourdissement devant le chemin cahoteux de la « normalisation ». Pas plus tard qu’en 2018, lorsque la Fed avait commencé à réduire son bilan, avant de piler net face au durcissement trop rapide des conditions de financement. Il reste à voir si les principales banques centrales pourront cette fois couper, avec force précautions, le robinet de l’argent gratuit. Avec des marchés d’actions et d’obligations soufflés aux liquidités illimitées, et des Etats qui ont pris goût à la monétisation des dettes publiques, il y a encore loin des paroles aux actes.
Les indicateurs d'inflation dits «robustes» filtrent les variations extrêmes mais peuvent ne prendre en compte que la moitié du panier de consommation. Ces mesures ont historiquement retardé la détection des phases d’accélération inflationniste.
Le compte rendu de la réunion du comité monétaire d’avril de la Banque du Japon montre que certains de ses membres sont favorables à une hausse des taux dès la prochaine réunion des 15 et 16 juin.
Le prochain patron de la Reserve fédérale incarne moins une rupture qu’une nostalgie, relève Gilles Moëc, chef économiste d’Axa, celle d’une Fed des années 1990, centrée sur la stabilité des prix, réticente aux bilans hypertrophiés, méfiante envers les outils non conventionnels et attachée à une séparation nette entre politique monétaire et politique budgétaire.
Un document de travail, dont le leader de Place publique s’est démarqué, avant sa révélation par Politico, suggère de désinvestir les classes populaires et les banlieues pour se concentrer sur un électorat « cible » en vue de la présidentielle de 2027 : des urbains, diplômés et aisés, jugés plus réceptifs à une offre sociale-démocrate
Guerre commerciale, IA et statut de Taïwan... Les sujets de discorde entre les deux dirigeants ne manquent pas, alors que l’ombre du conflit iranien plane sur leur rencontre
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