L’endettement mondial atteint un nouveau record
La montagne de dette publique et privée a continué de progresser dans le monde au deuxième trimestre et pourrait dépasser 300.000 milliards de dollars fin 2021. «Après la légère baisse enregistrée au premier trimestre, le stock de dette a progressé de 4.800 milliards de dollars», indique l’Institute of International Finance (IIF) dans son dernier rapport sur la dette mondiale (Global Debt Monitor) publié mardi. Elle a atteint un nouveau record à 296.000 milliards. «A ce rythme, elle devrait dépasser 300.000 milliards à la fin de l’année», a affirmé Emre Tiftik, responsable de la recherche à l’IIF, lors d’un point presse.
La dette progresse à nouveau dans les pays développés (+1.300 milliards à 204.500 milliards). Elle augmente surtout en zone euro alors qu’elle se stabilise aux Etats-Unis, hors ménages, et recule au Japon. C’est dans le monde émergent que le rythme de croissance est le plus élevé. Ces pays ont vu leur endettement augmenter de 3.500 milliards, à 92.000 milliards, et de 15.000 milliards depuis le début de la crise sanitaire. La Chine y contribue en grande partie avec 2.300 milliards supplémentaires, 40% venant du secteur non financier, à 55.000 milliards. «Le rythme de croissance est bien plus marqué que dans d’autres pays», relèvent les économistes de l’IIF. Le montant de dette dans les émergents (hors Chine) est à son plus haut à 36.000 milliards, soit 3.000 milliards de plus depuis la crise du Covid-19, principalement en raison de l’endettement des Etats.
La dette externe a également continué de croître à 9.000 milliards (+430 milliards par rapport à fin 2019). «Il n’y a rien de surprenant à cela, les liquidités en dollars étant abondantes», souligne Emre Tiftik. Même si l’accès est toujours limité, ce contexte a permis aux pays à faible revenu de revenir sur les marchés. Ils devraient émettre 20 milliards de dollars d’Eurobonds en 2021.
Les ménages ont été les plus gros contributeurs à l’augmentation de l’endettement au deuxième trimestre (+1.500 milliards) en raison principalement de la hausse de l’immobilier, notamment aux Etats-Unis. «La hausse de l’endettement est en ligne avec celle des prix immobiliers», notent les économistes de l’IIF.
Le ratio dette globale rapportée au PIB a toutefois diminué pour la première fois depuis fin 2019, de 9 points à 353%, par rapport au record de 362% du premier trimestre, grâce à la reprise économique et à la hausse de l’inflation. Pas de quoi se réjouir pour autant. «La reprise n’est pas suffisante pour ramener le ratio dette sur PIB sous les niveaux pré-pandémiques», souligne l’institut.
{"title":"","image":"242073»,"legend":"","credit":""}
Plus d'articles du même thème
-
Le rapport Draghi a deux ans et continue de stimuler l’Europe
Deux ans jour pour jour après la publication de ce rapport, les analystes saluent les avancées de l’Union européenne, mais attendent davantage. La Commission a déjà simplifié des réglementations et l’ancien banquier central a créé un «think tank» pour ne pas relâcher la pression. -
La BCE veut poursuivre son resserrement monétaire
Au-delà de la hausse des taux déjà acquise pour le 10 septembre, la question est désormais de savoir si la Banque centrale européenne risque de les augmenter également le 17 décembre, voire le 29 octobre. -
La croissance en zone euro est revue à la hausse après un trimestre exceptionnel en Irlande
Le PIB de la région a progressé de 0,6% par rapport au premier trimestre, au lieu de 0,4% selon l’estimation initiale, mais essentiellement grâce à une croissance de l’Irlande revue de 3,9% à 10,2% sur le deuxième trimestre après les résultats des multinationales telles qu’Apple et Eli Lilly.
ETF à la Une
Amundi dévoile un ETF conçu pour Zenkyoren
- Le potentiel de progression des marchés actions se réduit à peau de chagrin
- Les investisseurs actions et crédit se protègent contre le risque politique français
- La Banque Delubac, toujours en pertes, cherche du capital
- Le Crédit Mutuel Arkéa pousse les feux avec Fortuneo
- Plus que la demande, la distribution entrave le développement de l’épargne retraite
Contenu de nos partenaires
-
La Fabrique de l'OpinionDépenses publiques : Anne-Laure Delatte et le mythe de l'Etat « affamé »
Dans Riches ensemble ! (Seuil), l’économiste Anne-Laure Delatte entend prouver que la dépense publique française n'a rien d'excessif. Proche de LFI, elle accuse les baisses d'impôts accordées aux entreprises d'avoir sciemment creusé le déficit. Une thèse séduisante qui résiste mal à l'épreuve des faits -
Surtaxe exceptionnelle, « pacte Papin », niches fiscales : les promesses de Sébastien Lecornu dans sa « Lettre aux entrepreneurs »
Le Premier ministre confirme une baisse de la surtaxe sur les très grandes entreprises en 2027 tout en annonçant un pacte pour faciliter la reprise par les salariés mais laisse planer le doute sur d’éventuelles remises en cause de niches fiscales -
Lignes de fondFace au risque américain, les grands détenteurs d’actifs s’organisent
Naguère, les Etats-Unis étaient jugés comme le havre le plus sûr en période de tensions géopolitiques. Ce n’est plus le cas