La COP28 entre dans l’histoire par la petite porte
Historique, tel est l’adjectif que les diplomates aiment accoler aux compromis arrachés de haute lutte aux premières lueurs du jour. Le président de la COP28, Sultan al-Jaber, n’a pas dérogé à cette règle élémentaire de communication. Les attentes étaient si faibles le 30 novembre, à l’ouverture de la conférence des Nations unies sur le climat à Dubaï, qu’un accord sur le plus petit dénominateur commun serait passé pour une éclatante victoire. Or, le texte dévoilé mercredi appelle, pour la première fois dans l’histoire de la grand-messe annuelle du climat, à une «transition hors des combustibles fossiles… d’une manière juste, ordonnée et équitable».
C’est assez pour engager sur le papier les Etats pétroliers à agir, et permettre à l’hôte émirati d'être applaudi à la tribune. Mais c’est à peu près tout. La transition, mot préféré à celui de sortie, s’effectuera au rythme et selon les modalités que chaque pays se donne pour arriver au «net zéro» émission d’ici à 2050. Le texte ne prévoit ni étapes intermédiaires, ni objectifs correspondants, puisqu’il revient à chaque juridiction de définir sa trajectoire de décarbonation. Le rôle du gaz dans l’économie est même réaffirmé sur le long terme. Business as usual. Quant à la réglementation des marchés de crédits carbone, elle n’a pu faire l’objet d’aucun consensus. En Bourse, les actions des grandes majors pétrolières, comme Total, ont donc vécu mercredi une séance tout sauf historique.
Le propre des COP, diront leurs promoteurs, n’est pas de fixer des plans d’action contraignants, mais de permettre aux pays et aux entreprises de partager une feuille de route commune. Il reste qu’en l’état, rien ne permet de respecter l’engagement, réitéré à Dubaï, de limiter le réchauffement de la planète à 1,5 degré par rapport à l’ère pré-industrielle. Faudra-t-il s’en remettre à la prochaine édition en Azerbaïdjan, une dictature qui finance ses visées belliqueuses dans le Caucase grâce à la rente des hydrocarbures ? Gageons qu’un tel amphitryon saura, à son tour, arracher pour la photo officielle un accord «historique».
Plus d'articles du même thème
-
L’engagement actionnarial doit encore faire du chemin pour les investisseurs institutionnels
A l’occasion de la réunion de restitution de la 4ème édition du questionnaire ESG de l’Af2i, les institutionnels étaient invités à découvrir les pratiques actuelles des gérants sur les questions de l’engagement et du « stewardship ». -
Le Conseil d'analyse économique fixe ses priorités pour redresser l’économie française
Dans une note collective, les économistes formulent huit recommandations prioritaires dans les grands domaines de l’action publique avec pour objectifs de transformer le moteur productif et social français et de renforcer la résilience du pays. Le tout sans aggraver le déficit budgétaire. -
Le label ISR ouvre une consultation pour s'étendre au capital-investissement
Le comité du label souhaite transposer ses exigences extra-financières aux entreprises non cotées, dans un contexte peu favorable à l'investissement responsable avec une décollecte marquée pour les fonds labellisés cotés.
Sujets d'actualité
ETF à la Une
Le marché européen des ETF engrange 127 milliards d’euros au troisième trimestre 2026
- Les gestions anticipent une résistance modérée des Bourses
- L’IA ne sait pas lire correctement les résultats du CAC 40
- Schneider Electric rachète l'américain PTC pour 20 milliards d'euros
- Schneider Electric indispose les investisseurs en ciblant l’américain PTC
- Air Liquide veut rallumer sa flamme boursière avec 4 milliards d'euros de rachat d'actions
Contenu de nos partenaires
-
Présidentielle : les propositions clés des candidats pour relancer la natalité
De Marine Le Pen à Marine Tondelier en passant par Bruno Retailleau et Edouard Philippe, les candidats à la présidentielle rivalisent de propositions pour accompagner les ménages accueillant des nouveau-nés -
DétenteAutomobile : accord Bruxelles-Pékin pour limiter les exportations des modèles hybrides chinois en Europe
L’UE salue un accord destiné à réduire d’environ de moitié les volumes sur quatre ans. L'Allemagne s'était associée à la France pour faire pression sur la Commission -
« Le pire, c'est l'indifférence » : le match entre Gabriel Attal et Jean-Luc Mélenchon reprend sur la jeunesse
Les deux candidats à la présidentielle organisent chacun un meeting ce week-end. L’occasion de relancer leur duel à distance après s’être fortement impliqués dans la mobilisation des lycéens