- Energie
- Tribune
La fermeture du détroit d’Ormuz ouvre de nouvelles perspectives dans l'énergie
Le choc énergétique provoqué par la fermeture du détroit d’Ormuz fin février 2026 se répercute sur l’économie mondiale et l’ampleur réelle de son impact est loin d’être claire. L’histoire a montré que ces événements se traduisent rarement par un simple retour à la normale des prix et, le plus souvent, ils obligent à repenser la stratégie énergétique, les gouvernements et les entreprises étant contraints de réévaluer d’urgence leur résilience, de diversifier leurs sources d’approvisionnement et d’accélérer les investissements dans des systèmes énergétiques moins volatils et moins exposés aux perturbations géopolitiques. Pour les investisseurs, cela engendre de nouveaux risques, mais aussi de nouvelles opportunités.
L’invasion de l’Ukraine, déjà, et maintenant la situation au Moyen Orient ont mis en évidence le rôle de la sécurité énergétique comme moteur supplémentaire de la transition vers l’abandon des combustibles fossiles. Les énergies renouvelables ne constituent pas seulement un moyen de réduire les émissions, mais permettent également de limiter la dépendance vis-à-vis des importations.
L'électricité éolienne et solaire devant les combustibles en Europe
En Europe, la dynamique a été palpable. En 2025, l'énergie éolienne et solaire a produit, pour la première fois, plus d'électricité dans l’UE que les combustibles fossiles, limitant ainsi l’exposition de l’Europe au type de choc externe auquel elle est actuellement confrontée. Les pays asiatiques ont également été touchés par le choc énergétique de 2022 en raison de la hausse des prix de l'énergie. Cela s’est traduit par une part plus importante des énergies renouvelables dans la production d'électricité dans les économies asiatiques, l’avantage relatif des énergies renouvelables par rapport au pétrole et au gaz étant devenu évident.
Certains pays se sont tournés vers le charbon, mais, dans les autres crises énergétiques passées, ce revirement a été de courte durée et constituait avant tout une mesure d’urgence.
A lire aussi : Engie lorgne les actifs européens d’Orsted dans l’éolien terrestre
Même si ce choc met en évidence les conséquences d’une décennie de sous-investissement, il ouvrira, à mesure que les gouvernements accorderont la priorité à la sécurité énergétique, des opportunités pour les secteurs des réseaux, du stockage, des énergies renouvelables et des technologies habilitantes. Il existe déjà des preuves manifestes que la hausse et la volatilité accrues des prix des combustibles fossiles se traduisent par une demande plus forte dans les secteurs de l'éolien, du solaire et du stockage d'énergie à grande échelle.
La part des énergies renouvelables dans la production d'électricité (%) a déjà fortement augmenté
Plus d'articles du même thème
-
BP réduit son endettement net d’environ 37% en un seul trimestre
Malgré des dépréciations dans ses activités bas carbone, le groupe britannique a tiré parti d’un contexte favorable dans le raffinage et le trading gazier. -
Malgré les vents contraires, l'économie mondiale devrait continuer à croître de plus de 3%
Le Fonds monétaire international a légèrement revu à la hausse ses prévisions de croissance grâce notamment à l'importance des investissements dans l'IA. Plusieurs éléments menacent toutefois la bonne tenue de l'économie mondiale. -
Les banques françaises : peut-on imaginer Sisyphe heureux ?
La rechute des valorisations boursières des banques françaises depuis quelques semaines s'explique moins par la trajectoire de leurs revenus, relève Vivien Levy-Garboua, que par le niveau de leurs coûts, sensiblement plus élevés que ceux de leurs rivales.
ETF à la Une
BlackRock veut ajouter une catégorie de parts ETF à cinq fonds actifs
- Danfoss réussit une émission obligataire malgré la cyberattaque en France
- Worldline s'assure une place dans la course à l'agentique
- La France a encore des raisons de croire en son économie
- L’exposition à géométrie variable des banques françaises au risque souverain
- Les banques françaises ne savent pas parler aux femmes
Contenu de nos partenaires
-
Lignes de fondPour le FMI, la France décroche du peloton des pays riches. Merci qui ?
Le constat que dresse le Fonds de l’état économique du pays est cinglant : non seulement pour cause de niveau effrayant de notre dette publique, mais surtout de perspectives de croissance anémiées au point de la classer en queue de peloton -
Art, design, bijou : l’art du mix & match
Au PAD London, le design ne se contente plus d’être beau ou fonctionnel. Entre collectors, mobilier historique, créations radicales et haute joaillerie, la 18e édition de la foire qui investit Londres du 13 au 18 octobre, dessine les contours d’un nouveau luxe. -
Pourquoi le débat sur l'extension de l’aéroport d’Heathrow s'enlise
Une commission parlementaire britannique auditionne actuellement les partisans et les opposants au projet d’agrandissement de l’aéroport londonien. Elle reçoit ce mercredi le directeur général de l’aéroport, Thomas Woldbye. Des recommandations seront fournies pour aider le gouvernement à décider s’il soutient ou non le projet. Mais il ne s’agirait toujours que d’un accord de principe