La présidente de la BCE, Christine Lagarde
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Photo Sanziana Perju-ECB
La Banque centrale européenne (BCE) compte poursuivre le relèvement de ses taux directeurs au mois de juillet, en raison d’un ralentissement trop lent de l’inflation dans la zone euro, a indiqué mardi Christine Lagarde, la présidente de l’institution monétaire.
La BCE souhaite ramener «au plus tôt» l’inflation au niveau de son objectif de 2% et est déterminée à y parvenir «coûte que coûte», a affirmé Christine Lagarde dans le texte de son discours d’introduction de la conférence de la BCE à Sintra, au Portugal.
La tâche de la BCE n’est pas terminée, même si les relèvements de taux décidés depuis juillet 2022 n’ont pas encore produit tous leurs effets, a martelé Christine Lagarde. «Sauf changement notable par rapport aux perspectives, nous poursuivrons le relèvement des taux en juillet», a-t-elle indiqué.
«L’inflation dans la zone euro est trop élevée et est appelée à le rester trop longtemps», a observé Christine Lagarde, reprenant l’avertissement émis par la BCE à l’issue de sa réunion de politique monétaire du 15 juin.
L’inflation dans la zone euro a ralenti à 6,1% sur un an en mai, contre 7% en avril. L’inflation de base, qui exclut certains éléments volatils comme l’alimentation et l'énergie, et est surveillée de près par la BCE, s’est établie à 5,3% sur un an en mai, après 5,6% en avril.
Les statistiques préliminaires sur l’inflation dans la zone euro en juin paraîtront vendredi.
Pas de spirale salaires-prix
Les chocs qui ont causé l’accélération de l’inflation s’atténuent, mais continuent de se répercuter sur les prix, a expliqué Christine Lagarde dans son discours.
La première phase du processus d’inflation, soit la protection de leurs marges par les entreprises, se termine, mais la deuxième phase de ce processus, soit la hausse des salaires, commence maintenant à se renforcer, a-t-elle précisé.
La BCE ne prévoit pas à l’heure actuelle de spirale salaires-prix ni de désencrage des anticipations d’inflation, «mais plus l’inflation restera longtemps supérieure à l’objectif, plus ces risques deviendront importants», a-t-elle mis en garde.
Compte tenu de l’incertitude entourant l'évolution de l’inflation, il est improbable que la BCE soit en mesure, dans un futur proche, d’affirmer que les taux ont atteint leur point haut, a également prévenu Christine Lagarde.
Au cours de sa conférence de presse du 15 juin, Christine Lagarde avait déjà prévenu qu’une nouvelle hausse des taux d’intérêt au cours de la réunion de juillet était «très probable».
Les marchés boursiers ont peu réagi à ces annonces. Le 27 juin en milieu de journée, l’Euro Stoxx 50 avançait de 0,2%. Le rendement de l’obligation souveraine allemande à dix ans était stable, à 2,3%.
La Banque du Japon a maintenu son taux directeur inchangé vendredi, et tenu un discours volontairement «restrictif» en laissant entrevoir une hausse de taux en septembre ou en octobre, quelques heures seulement après que les autorités ont décidé de nouvelles interventions sur les marchés des changes, apparemment avec les Etats-Unis, pour soutenir le yen. Les effets réels sur la devise et sur les anticipations de taux apparaissaient toutefois encore limités.
L’inflation a légèrement augmenté en zone euro en juillet, moins rapidement que dans l’Hexagone. Dans les deux cas, la hausse des prix est notable dans les services - en parallèle du rebond des prix dans l’énergie - ce qui devrait renforcer les arguments en faveur d’une nouvelle hausse des taux de la Banque centrale européenne (BCE) en septembre.
La croissance des moteurs que sont l’investissement et la consommation reste soutenue. Sans relancer l’inflation sous-jacente en juin, au vu des indices liés aux dépenses PCE également publiés jeudi. De quoi faire patienter les marchés et envisager un nouveau statu quo de la Fed en septembre.
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