La BCE agira si un risque de fragmentation menace la transmission monétaire
La présidente de la Banque centrale européenne, Christine Lagarde, s’est exprimée devant la Commission des affaires économiques du Parlement européen dans un contexte de tensions sur les taux après les résultats des élections italiennes.
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Valérie Venck, Agefi-Dow Jones
Christine Lagarde, présidente de la Banque centrale européenne.
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Bloomberg
La présidente de la Banque centrale européenne (BCE), Christine Lagarde, a affirmé lundi que la BCE«agirait si les risques de fragmentation devaient menacer la transmission de la politique monétaire dans la zone euro».
Lors de son audition trimestrielle devant la Commission des Affaires économiques et monétaires du Parlement européen, la banquière centrale a par ailleurs mis en garde contre une détérioration de la conjoncture économique dans l’union monétaire et répété que de nouvelles hausses des taux d’intérêt seraient nécessaires dans les mois qui viennent pour lutter contre une inflation toujours «beaucoup trop élevée».
«L’inflation reste beaucoup trop élevée et devrait rester supérieure à notre objectif [de 2%] pendant une période prolongée», a déclaré Christine Lagarde, en anticipant également un ralentissement «substantiel» de l’activité économique au cours des prochains trimestres.
Le ralentissement attendu s’explique par quatre facteurs, selon la responsable : une inflation élevée qui pèse sur les dépenses et la production et est renforcée par les difficultés d’approvisionnement en énergie, une perte de vitesse de la demande de services, un affaiblissement de la demande mondiale dans un contexte de resserrement de la politique monétaire et de dégradation des termes de l'échange, ainsi qu’une incertitude élevée qui affecte la confiance des ménages et des entreprises.
Dans ce contexte, Christine Lagarde a précisé qu’un soutien budgétaire «ciblé, adapté et temporaire» pour protéger les ménages des effets de l’inflation était à la fois «utile et nécessaire» pour limiter le risque d’accélération des tensions sur les prix et pour faciliter la tâche de la politique monétaire.
«La meilleure contribution que la politique monétaire puisse apporter à l'économie de la zone euro est d’assurer la stabilité des prix à moyen terme», a également indiqué la présidente de la BCE, justifiant ainsi la nécessité de nouvelles hausses des taux dans les prochains mois.
La Banque centrale européenne (BCE) pourrait, sans doute vers la fin 2026, augmenter de 1% à 2% le ratio des réserves obligatoires (MRR) et relever également les décotes sur les obligations sécurisées conservées pour les banques («retained covered bonds») pour être apportées en garantie. Ces deux mesures réduiraient l’excès de liquidité et, dans le même temps, la capacité des banques à obtenir des financements de la BCE. Avec des répercussions sur leurs futurs besoins.
L’inflation a légèrement augmenté en zone euro en juillet, moins rapidement que dans l’Hexagone. Dans les deux cas, la hausse des prix est notable dans les services - en parallèle du rebond des prix dans l’énergie - ce qui devrait renforcer les arguments en faveur d’une nouvelle hausse des taux de la Banque centrale européenne (BCE) en septembre.
La salve de statistiques officielles publiées jeudi a apporté de bonnes nouvelles sur l’évolution générale de l’économie au deuxième trimestre. La Banque centrale européenne (BCE) sera d’autant plus attentive à l’évolution de l’inflation d’ici à sa réunion monétaire du 10 septembre.
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