Budget 2026 : massacre à la tronçonneuse
Il était une fois un pays qui connut ses Trente Glorieuses, se hissa au rang des nations les plus riches et puissantes du globe et devint un pôle d’attraction universel pour tous ceux qui cherchaient la gloire et la fortune. Puis un jour, il emprunta la voie du déclin. En restant aveugle aux évolutions du monde, en subventionnant la rente plutôt que les dépenses d’avenir, en embrassant un dirigisme d’Etat inefficace sous couvert de justice sociale, il obtint précisément ce qu’il croyait éviter : l’explosion de la dette et du déficit, la paupérisation des classes moyennes, l’affaiblissement des institutions et le triomphe des corporatismes et des castes.
Alors, ce dimanche, pour la deuxième fois en deux ans, la France, pardon l’Argentine, a donné une nette victoire au libertarien Javier Milei. «El Loco» est toujours aussi outrancier et démagogue, et ne doit d’avoir évité une nouvelle crise du peso ces dernières semaines qu’au soutien financier de l’administration Trump. Mais dans un pays qui n’a plus rien à perdre, qui a déjà connu la dictature et la faillite, élire un dirigeant qui fait ce qu’il dit et surtout prend le contrepied de décennies de péronisme passe pour un moindre mal.
Borges qualifiait ses compatriotes d’Italiens qui parlent espagnol, pensent en français et aimeraient être Anglais. Pour paraphraser l’écrivain, les Français de 2025 ressemblent beaucoup à des Soviétiques qui souhaiteraient consommer comme des Américains. Pendant que les derniers vainqueurs de la Coupe du monde de football confient leur destin à l’homme à la tronçonneuse, leurs adversaires malheureux présentent au monde le lamentable spectacle de leur irresponsabilité budgétaire. La discussion autour du projet de loi de finances 2026 n’offre pas l’amorce d’une réflexion sur l’hypertrophie de la dépense publique, ni sur les réformes qui permettraient d’accroître la richesse et donc les recettes. Seulement une farandole de mesures toutes plus économiquement absurdes les unes que les autres, mais nimbées de justice fiscale, l’alibi de ceux qui organisent la spoliation des actifs et des épargnants.
Le déclassement séculaire de l’Argentine devrait faire méditer ce qu’il reste de dirigeants responsables sur cette rive de l’Atlantique. Une fois la pente dévalée, ni les hommes providentiels à la Carlos Menem, ni les technocrates façon Mauricio Macri ne parviennent à la remonter. Et c’est à coups de tronçonneuse qu’il faut sauver ce qui peut encore l’être. Encore quelques trimestres d’incurie politique, et nous pourrons reprendre à notre compte une vieille boutade bien connue à Buenos Aires : comment se suicide un Argentin ? En se jetant du haut de son ego.
Plus d'articles du même thème
-
En France, le taux de chômage grimpe à 8,3% au deuxième trimestre
Il a progressé de 0,7 point sur un an, à un plus haut depuis le Covid. -
L&G AM lance le premier ETF UCITS exclusivement dédié aux obligations d’Etat africaines
Le gestionnaire d’actifs britannique lance cette nouvelle stratégie, dont le capital de démarrage a été fourni par le bureau britannique des Affaires étrangères et du Commonwealth dans le cadre de son programme Mobilist. -
La France émet avec succès 12,5 milliards d’euros d’OAT
L’Agence France Trésor (AFT) a conduit jeudi sa première adjudication sur des obligations à long terme depuis la reprise des hostilités au Moyen-Orient.
ETF à la Une
Fineco AM lance trois ETF Ucits avec Amundi
- Boeing obtient enfin un précieux sésame sur le 737 Max
- BPCE profite du jackpot de la marge nette d'intérêt
- L’intervention conjointe pour soutenir le yen révèle un risque majeur
- Bercy exige des banques un meilleur accompagnement des emprunteurs en difficulté
- HSBC récolte les fruits de sa stratégie en Asie
Contenu de nos partenaires
-
Trouble-fêteLe pacte de La Mecque, une opportunité pour la Chine et un camouflet pour l'Inde
Si l'accord conclu entre l'Arabie saoudite, la Turquie et le Pakistan est une réponse à la situation actuelle au Moyen-Orient, il n'est pas sans conséquence sur l'équilibre stratégique en Asie -
Marche à l'ombreLa stratégie du silence contrariée de Gérald Darmanin
Après un mois de juin chargé en interventions médiatiques dans la foulée de la mort de Lyhanna, le ministre de la Justice s'est fait discret cet été. Un silence qui a volé en éclats avec la révélation de son courrier à Laurent Nuñez, pointant les défaillances des services de police dans la prise en compte des violences faites aux mineurs -
Revolut obtient une licence bancaire française : ce qui change pour les clients
Revolut a obtenu ce mardi 10 août de l’Autorité de Contrôle Prudentiel et de Résolution (ACPR) et de la Banque centrale européenne un agrément qui va lui permettre de poursuivre son offensive et proposer de nouveaux produits aux Français