L’austérité pèse sur les revenus de Deutsche Bank
Le deuxième trimestre 2017 ne restera pas dans les annales de Deutsche Bank. Si la banque allemande a surpris les analystes avec un résultat net de 446 millions d’euros nettement supérieur au consensus, grâce à des coûts et des provisions pour litiges en nette baisse, son action a pâti jeudi à l’ouverture des marchés de la faible dynamique de ses revenus. Les divisions de banque de détail et de gestion d’actifs s’en sont mieux sorties mais le plongeon de 16% des revenus de la BFI a induit un repli de 10% du produit net bancaire global à 6,6 milliards d’euros, son plus faible niveau depuis la fin 2013.
«Nous nous sommes concentrés sur la réduction des coûts. Maintenant nous devons nous atteler un peu plus au développement des revenus», a confessé John Cryan, le directeur général de la banque allemande. Symbole des efforts de Deutsche Bank, qui a dévoilé en mars une nouvelle feuille de route aux allures de revirement stratégique, marquée notamment par une augmentation de capital de 8 milliards d’euros, l’établissement a réduit ses effectifs de 4,6% sur un an, dont 1,6% au seul deuxième trimestre 2017. Malgré 100 recrutements destinés à renforcer les fonctions de compliance, près de 4.700 des 9.000 suppressions de postes programmées ont déjà été réalisées.
Les comptes de la BFI, qui concentre 55% des revenus de Deutsche Bank, ont ainsi enregistré une hausse de 18% du résultat avant impôts bien que les activités du trading aient souffert plus que prévu. Les revenus ont baissé de 12% dans le trading taux, change et matières premières, et de 28% sur les actions et dérivés. «Ces performances soulignent les difficultés à regagner des parts de marché et l’environnement de faible volatilité», relève Natixis. Outre des problèmes d’image liées aux inquiétudes sur sa capacité financière à régler son litige avec les Etats-Unis, soldé fin 2016, Deutsche Bank a également pâti du recentrage de ses activités vers les entreprises dans la banque transactionnelle, dont les revenus ont baissé de 12%.
Solidité sur le plan financier
Du côté des satisfactions, Deutsche Asset Management a enregistré une hausse de 7% de ses revenus après retraitement de la cession d’Abbey Life, à 676 millions d’euros. Alors qu’elle avait enregistré une décollecte de 20 milliards d’euros sur le premier semestre 2016, la première moitié de 2017 s’est soldée par des entrées nettes de 11 milliards de bon augure pour sa future entrée en Bourse, qui devrait au plus tôt intervenir à la mi-2018. Malgré l’effet des taux bas, les revenus de banque de détail sont quant à eux stables et ont même progressé chez Postbank après retraitement d’éléments exceptionnels, notamment la cession de la participation dans Visa Europe. Postbank, qui ne sera finalement pas cédée mais intégrée pour former un grand pôle de banque de détail, a fermé 177 agences depuis janvier.
Désormais solide sur le plan financier avec un ratio CET1 en hausse de 1,8% à 14,1% grâce à son appel au marché, Deutsche Bank devra dans les prochains mois convaincre qu’elle est sur la voie du retour à la croissance et qu’elle a enfin tourné la page de la crise. Si la banque a repris comme au premier trimestre une trentaine de millions d’euros de provisions pour litiges, après une charge de 1,6 milliard fin 2016, elle a néanmoins averti que ce poste «devrait être plus élevé» au second semestre. Parmi les dossiers toujours en cours figurent notamment les «mirror trades» russes ainsi que 300 millions de dollars de prêts immobiliers à Donald Trump, dont les détails intéressent les autorités américaines.
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