La question de la solvabilité de Deutsche Bank perdure
L’accord conclu par Deutsche Bank avec les autorités américaines a rassuré les marchés mais ne met pas fin aux interrogations concernant sa capitalisation. En soldant ce contentieux né de la vente de titrisations immobilières résidentielles avant la crise des subprimes pour 7,2 milliards de dollars (6,9 milliards d’euros), la banque est sortie par le haut d’un dossier qui l’empoisonnait depuis des mois. Mais elle devra mettre les bouchées doubles pour atteindre un ratio CET1 de 12,5% d’ici à fin 2018.
«Du fait d’une dynamique des revenus molle et de charges exceptionnelles significatives, la banque a historiquement eu des difficultés pour générer du capital de façon organique, ce qui l’a conduite à lever des fonds en 2013 et 2014», rappelait en août une note de Moody’s. Moins important que la borne haute de 8,1 milliards de dollars des estimations des analystes, le règlement induira une charge de 1,2 milliard d’euros au quatrième trimestre qui devrait creuser la perte sur l’exercice 2016.
Si Deutsche Bank a favorablement surpris au troisième trimestre, l’amélioration de son ratio CET1 de 30 points de base (pb), à 11,1%, tient pour l’essentiel à la fonte de 4,2% de ses actifs pondérés du risque (RWA). Selon Goldman Sachs, la part de 3,1 milliards de dollars de l’amende civile aura un impact négatif de 30 pb sous l’hypothèse de sa déductibilité fiscale. «Il est difficile de juger de l’impact des 4,1 milliards de dollars prévus pour dédommager les clients», note RBC Capital.
Pour l’heure, la stratégie 2020 de Deutsche Bank mise sur une réduction de 20% à 25% de ses RWA pour atteindre son objectif de ratio CET1, soit environ 90 milliards d’euros. Cet ajustement tient pour beaucoup à la cession de sa filiale Postbank, qui pourrait finalement rester dans le giron de la banque. Si ses RWA devaient stagner, Deutsche Bank aurait alors besoin de 6 à 8 milliards d’euros de capital selon Moody’s. Morgan Stanley chiffre ce montant à 7,3 milliards de dollars.
«Deutsche Bank est significativement sous-capitalisée», estimait fin septembre la Société Générale. A l’instar d’UniCredit, qui a généré 184 pb de ratio CET1 grâce à ses cessions d’actifs, Deutsche Bank devra liquider des participations pour générer du capital. D’autant que d’autres litiges sont encore en cours, notamment en Russie et dans les métaux précieux. Outre sa filiale chinoise Hua Xia, déjà cédée, le groupe envisagerait la vente de sa filiale en Pologne et une scission de sa gestion d’actifs.
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