Deutsche Bank revoit sa stratégie et en appelle au marché
Après plusieurs mois de rumeurs, le conseil de surveillance de Deutsche Bank a tranché. Le directeur général, John Cryan, a précisé dimanche les annonces faites vendredi soir, qui incluent notamment une augmentation de capital de 8 milliards d’euros. Le groupe sera réorganisé autour de trois piliers, la banque de détail et commerciale, la gestion d’actifs, qui sera cotée en bourse, et la banque d’investissement. Ces décisions marquent un net revirement par rapport à la stratégie initiée en 2015, la banque renonçant à vendre Postbank et revenant sur la scission de la banque d’investissement.
«En ce qui concerne la stratégie, il est évident que nous avons changé d’avis», a reconnu John Cryan lors d’une conférence téléphonique. «Ces mesures rendront Deutsche Bank plus forte et nous remettront sur la voie d’une croissance durable».
L’émission de 687,5 millions d’actions qui doit être lancée le 21 mars jusqu’au 6 avril marque un autre revirement pour John Cryan, qui a depuis sa prise de fonction cherché à éviter cette option. Le presque doublement de la valeur du titre depuis septembre, à 19,14 euros vendredi, et l’apparente réussite de l’appel au marché en cours d’Unicredit ont probablement pesé dans sa décision. Ces actions devraient être proposées à 11,65 euros, soit une décote de 39%, a précisé John Cryan. Cette augmentation de capital doit porter le ratio Tier 1 de la banque à 14,1%, en ligne avec son nouvel objectif d’être «confortablement au-dessus de 13%» (contre un objectif précédent de 12,5%), et un niveau de 11,9% à la fin 2016. Son ratio de levier sera alors de 4,1% contre un nouvel objectif de 4,5%.
Deutsche Bank compte également augmenter de 2 milliards d’euros ses fonds propres via des cessions d’actifs et l’introduction en Bourse d’une part minoritaire de Deutsche Asset Management à Francfort d’ici 2 ans, dont la valeur a été estimée à environ 8 milliards d’euros. La banque vise également de nouvelles réductions de coûts, de 2 milliards dès 2018 et de près de 3 milliards d’ici 2021, sur une base de 24,1 milliards en 2016. L’intégration de Postbank, qui conservera sa marque, devrait prendre 3 à 5 ans. Les coûts de restructuration pour l’ensemble du groupe sont évalués à 2 milliards d’euros.
Au niveau du conseil, Jeffrey Urwin, en charge de la banque d’investissement et des activités américaines va quitter ses fonctions. John Cryan reprendra la supervision des activités américaines, et sera assisté de deux présidents adjoints, l’actuel directeur financier Marcus Schenck et le président des activités allemandes Christian Sewing.
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