Deutsche Bank se prépare à de lourdes pertes dans la vente de Postbank
La sortie de Postbank coûtera cher à Deutsche Bank. Selon le Handelsblatt, la direction de la banque allemande discute actuellement d’un «scénario du pire» évaluant sa filiale de banque de détail à 3,5 milliards d’euros, bien loin des 6,4 milliards dépensés en 2008 pour racheter l’établissement. «Un concurrent ayant regardé de près le dossier situe même la valorisation encore plus bas, à tout juste 3 milliards d’euros», souligne le journal.
En avril dernier, Deutsche Bank avait présenté sa stratégie à horizon 2020, destinée à restaurer une rentabilité en berne et à soigner sa solidité financière. Pour ce faire, la banque allemande avait notamment annoncé qu’elle déconsoliderait Postbank en réduisant à moins de 50% sa participation dès la fin 2016, via une mise en Bourse. «Les activités de prêts immobiliers de Postbank assurent des rendements élevés mais utilisent des ressources de bilan importantes», soulignait alors Deutsche Bank.
Cette opération se heurte néanmoins aux spécificités du marché allemand, qui pourrait décourager les investisseurs. Très concurrentiel, ce dernier est dominé par les caisses d'épargne et les banques régionales. Les acquéreurs seront en outre confrontés aux particularités de Postbank, qui doit notamment assurer jusqu’en 2020 des services postaux, en accord avec son ex-propriétaire, Deutsche Post. Début juillet, la banque s’était par ailleurs entendue avec le syndicat Verdi, très présent en son sein, pour stopper des grèves en échange d’augmentations de salaires et d’un moratoire sur tout licenciement jusqu’à la mi-2017.
Dans ce contexte, Deutsche Bank a choisi la voie de l’IPO, au détriment d’une vente directe, pour valoriser au mieux sa participation, quitte à conserver plus longtemps son reliquat. Cette option passe notamment par une étape préparatoire de rachat des intérêts minoritaires, qui détiennent 3,2% du capital de Postbank. Une réunion doit se tenir ce vendredi à ce sujet, croit savoir le Handelsblatt.
La voie d’une vente directe pourrait néanmoins ressurgir. Stefan Krause, le président du Conseil de surveillance de Postbank, aurait ainsi souhaité réétudier l’offre de 4,5 milliards d’euros qu’aurait faite en mai la banque autrichienne Bawag PSK, contrôlée par le fonds Cerberus.
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